Arya Spiritus (tome 1) la Bête

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Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Mar 19 Avr - 20:50

Salut! Je poste ma fiction, tant qu'a faire. comme ça sa permet à tout le monde de voir comment les idées que l'on reçoit des autres nous influent dans notre écriture.

Résumé:

Arya Spiritus est une jeune femme de 16 ans, qui vit dans un pays nommé Aramias. D'après un Elfe qu'elle rencontre dans une petite forêt, elle serait destinée à de grandes choses. Comme elle ne le croit pas, il l'invite à se joindre à lui, pour aller dans la Forêt aux ombres Turquoises et rencontrer son destin.
Mais les choses se compliquent rapidement, et bientôt elle est amenée à se jeter dans la gueule du loup pour sauver une personne qui lui est des plus cher.

Personnages:

Arya Spiritus c'est le personnage principal, bien que ce ne soit pas elle dans le prologue (vous comprendrez dans le 4eme volet). C'est une jeune femme de 16 ans aux yeux bleu électriques et aux cheveux noir lisses qui lui arrivent jusque dans le bas du dos. Elle appartient au peuple des Hommes Solitaires.
Seregon (il ne connaît pas lui-même son nom de famille) il est aussi l'un des personnages principaux, et c'est un Elfe d'environ 300 ans. Il a des yeux vert émeraude et des cheveux bruns coupés court qui permettent de voir ses oreilles pointues. Il appartient au clan Mefet
Aldaron VeritatumC'est un personnage clé dans l'histoire, bien qu'il ne soit pas protagoniste. C'est un Elfe qui est près des 2 000 ans. Ses yeux sont vert émeraude et ses cheveux, qui lui tombe jusque dans le bas du dos sont blanc, ainsi que sa barbe, qui lui arrive à la taille. Il dirige le clan Mefet
Tinùviel Aqua elle est la meilleure amie d'Arya, et est la guérisseuse du clan Mefet. Elle est blonde, et, comme Arya et Aldaron, ses cheveux lui descendent jusque dans le bas du dos. Ses yeux sont bruns clair, comme l'écorce d'un petit arbre. Elle a le même âge que Seregon
Arawë Coniuratio il est le second d'Aldaron.
Laureline (je fais exprès de ne pas donner son nom de famille, car c'est du spoil) elle ressemble beaucoup à Arya, à la différence près qu'elle a les yeux bleu turquoise. Elle a 16 ans.
la Bête il est le "dictateur" d'Aramias. C'est une bête monstrueuse (je donnerais plus de détail quand j'en saurais moi-même plus sur lui).
Cassiopée (elle ne veut plus porter son nom de famille, le jugeant indigne d'elle) c'est la Première Conseillère de la Bête. Elle est une femme Homme Solitaire, mais c'est tournée vers "le côté obscure". Elle a 16 ans, bien qu'elle en paraît 30, et a de magnifiques cheveux blonds ondulés. Ses yeux sont gris, et elle porte constamment une robe faite en peau d'ours blanc, ce qui montre bien sa cruauté.
Maëlys Inata il est le père d'Arya. Ses cheveux grisonnant font sur sa tête une sorte de choucroute, car ils sont bouclés. Il a des yeux vairon de couleur bleu et vert. Il doit avoir 50 ans environ.

Normalement je n'oublie personne. Je rajouterais au fur et à mesure s'il y a des personnages en plus. Sinon, si l'idée vous plait, bonne lecture!

P.S.: je ne sais pas avec quelle régularité je posterai. Donc autant vous prévenir tout de suite. Si jamais je n'ai pas fini de poster avant les grandes vacances, j'essayerais de me rattraper pendant les vacances.
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par christian Barth le Mer 20 Avr - 23:18

j'ai hâte de lire le début
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Lun 25 Avr - 18:23

Prologue


La taverne abritait une foule noire de personne. Dehors, la pluie tombait drue et chaque passant se réfugiait là où il pouvait. Il était rare qu’il pleuve autant à Emerveillia, mais cela faisait du bien de temps à autre.
J’observais les gens. Tous avaient quelque chose en commun : le goût de porter des couleurs. La plupart des individus présents ici ne portaient pas de noir, ou alors c’était en petite quantité. Tous rirent aux éclats quand le jongleur improvisé fit tomber une tomate sur sa figure. J’esquissais un sourire. J’aimais ce royaume.
Alors que je m’installais dans un coin pour conter une histoire aux nombreux enfants qui se trouvaient là, j’aperçu à l’extrémité de mon champs de vision cinq silhouettes drapée de capes noir, tête basse. Ils ne passaient pas inaperçus, et pourtant personne ne les remarquèrent. Fronçant les sourcils, je vis une petite lumière sortir de la capuche de l’un deux, et tous ce mirent en cercle, comme pour l’écouter. Je ne la vis plus, l’une des silhouettes la cachant. C’était étrange.
Mais je m’en inquièterais plus tard. Les galopins devant moi commençaient à s’agiter, et j’allais me faire réprimander sévèrement s’ils se mettaient à courir partout.
Je pris donc une fillette et la mis sur mes genoux. Elle me sourit, et je le lui rendis. Désormais, tous étaient attentifs. Je pris une grande inspiration, car cette histoire était loin d’être courte.
- Dans un pays lointain nommé Aramias, vivait une jeune femme…




voilà pour le prologue Very Happy vous comprendrez que la police est importante, car il y a deux scènes qui se passent en "même temps". Vous comprendrez mieux au fur et à mesur que l'histoire avance
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par christian Barth le Lun 25 Avr - 20:22

sois simple dans tes descriptions. Evite les verbes passe-partout : faire, aller, être ou avoir. etc...
La taverne semblait déjà noire de monde alors que dehors, la pluie redoublait d'intensité. Les derniers courageux cherchèrent alors un endroit pour s'abriter. Il était rare qu’il pleuve autant à Emerveillia, mais chacun devait y trouver son compte car les contestations étaient rares. J’observais les gens. Tous avaient quelque chose en commun : le goût des vêtements de couleurs. La plupart évitaient le noir, ou alors en petite quantité. La foule qui se pressait entre les tables ria aux éclats lorsqu'un jongleur improvisé laissa tomber une tomate sur sa figure. J’esquissais un sourire. J’aimais ce royaume.
Alors que je m’installais dans un coin pour conter une histoire aux nombreux enfants qui s'abritaient là, j’aperçu à l’extrémité de la salle, cinq silhouettes drapées de capes noir, tête basse. Elles ne passaient pas inaperçus et pourtant personne ne s'en préoccupa. En les observant, je vis une petite lumière sortir de la capuche de l’un d'entre eux et tous ce mirent en cercle pour l’écouter. Elle disparut derrière l’un de ses compagnons et je ne la vis plus . C’était étrange. ....... etc
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Mar 26 Avr - 18:23

Je vous remercie de me donner des conseils, monsieur Barht. J'essayerais de les mettre le plus souvent (c'est à dire tout le temps) en application lorsque j'écrirai. J'espère que cette version (différente de la première) vous plaira, car j'y mets tout mon cœur à l'écrire. D'autant plus que ce n'est pas la première fiction que j'écris (6 en tout si vous voulez savoir, ce qui prouve à quel point j'en ai marre d'avoir une imagination débordante --')
Sinon je vous remercie de lire ma fiction.
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Mer 4 Mai - 17:48

je poste le premier chapitre:

Chapitre 1

Arya Spiritus est une jeune femme de seize ans. Des cheveux noirs corbeau et lisses qui lui arrivaient jusque dans le bas du dos encadraient son visage. Ses yeux, d’un bleu électrique, donnait l’impression qu’elle pouvait lire dans votre âme. Elle était grande pour une femme, et avait un caractère que personne n’appréciait, sauf son père. Souvent, elle se comportait comme un homme. Dans son village, toutes les femmes étaient obligées par son mari de porter des robes. Or, comme elle n’était pas mariée, elle profitait pour mettre des pantalons. D’après elle, elle se sentait plus à l’aise dedans. De plus de s’habiller comme les garçons, elle avait aussi un tempérament de feu. Lors qu’elle était petite, elle se réfugiait dans la grange pour s’entrainer à donner des coups de poing et, plus généralement, le combat au corps à corps. Quand son père l’a surprit, une fois, il lui a proposé de l’aider et lui donner quelques techniques. Ils avaient alors construit un épouvantail. Plus tard, lors qu’il avait jugé sa fille digne de se battre autrement, il lui avait fabriqué un arc. Dès qu’elle l’avait vu, il lui était impossible de s’en séparer.
C’est justement en pensant à ce moment qu’elle laissa filer sa proie.
Arya se trouvait dans la Forêt Marchande, un petit bois. Celui-ci était encerclé de petit villages, mais seulement deux figuraient sur la carte d’Aramias : Vilmart, le village d’Arya, et Sangman, qui se trouvait un peu plus au sud. Les réputations des deux villages n’étaient pas du tout les mêmes. Le village de la jeune femme était nommé comme celui le plus charmant, où les gens sont respectueux envers eux. Tandis qu’à Sangman… c’était une tout autre histoire. Si on traduit Sangman de l’ancien Amarien, cela donnerait « l’homme de sang ». Et quand on y a séjourné une nuit, on comprend bien. Chaque nuit, une personne se fait tuer. Peu importe le moyen, il y a toujours un cadavre qui traine quelque part, et le plus souvent au croisement de la grande rue et d’une petite ruelle sombre. Les gens qui y habitent en on l’habitude, d’autant plus que ce sont toujours les voyageurs les plus visés.
-Merde, jura-t-elle.
Pestant tout bas, elle observa les environs, tous les sens en alerte. Le temps s’écoulait de façon atroce. Accroupie, la jeune femme n’osait bouger, de peur d’effrayer une bête qui pourrait éventuellement s’approcher. Ses yeux passait d’un endroit à un autre, sans manquer une miette de détaille. Des gouttes de sueur commencèrent à perler à son front car une flèche était encochée, la tête vers le sol. Malheureusement, malgré toute l’attention qu’elle avait portée à son environnement, elle ne sentit la flèche qui lui frôla l’oreille qu’au moment où celle-ci siffla tout près d’elle. Elle se ficha dans le bois d’un arbre juste en face d’elle.
Se retournant et se levant vivement, ses yeux électriques se posèrent sur un cavalier. Méfiante, elle le pointa et exigea de connaitre son nom.
-Seregon, répondit l’homme. Je me prénomme Seregon.
Arya rangea sa flèche et s’approcha du nouveau venu. Elle en profita pour l’observer de près.
Il devait avoir une vingtaine d’année et des trais fins. Ses cheveux brun court permettaient de voir ses oreilles pointues. Il devait donc être un Elfe. Ses yeux vert émeraude étincelaient à la lumière, et ses mains, fines tenaient les rennes de l’étalon qu’il chevauchait. Celui-ci était noir comme l’ébène, et une étoile blanche ornait son front. Ses yeux noisette le rendaient doux, malgré la montagne de muscle qu’il était.
Il esquissa un sourire quand il vit l’étonnement de la jeune femme devant lui. Elle ne s’attendait visiblement pas à voir un Elfe dans les parages. Il la détailla à son tour. Et étrangement, elle lui fit penser à deux personnes à la fois. La première étant la forgeronne de son clan, la seconde à la guerrière qui a disparue il y a 15 ans. Il lui demanda alors son nom.
-Arya Spiritus, déclara-t-elle.
Le petit sourire qu’il avait sur le coin des lèvres s’effaça subitement. Heureusement pour lui, la jeune femme ne le remarqua pas. Seregon prétendit alors qu’il devait se rendre dans un petit village. Reconnaissant le nom, Arya l’emmena avec elle.
L’Elfe était descendu de cheval pour rester poli envers la jeune femme. Ils marchaient tranquillement dans les bois. Les rayons du soleil étaient filtrés par le feuillage des arbres et rendaient l’atmosphère presque féérique. Sur le sol, l’herbe était douce et fraiche. Des buissons de toutes sortes s’éparpillaient par ci par là, et les oiseaux chantaient dans les arbres. En levant la tête, Seregon vit un petit merle faire un essaie de vol. Le sourire qui avait disparut revint, et, au moment où l’oisillon décolla du nid, il plana jusqu’à la branche d’en face. Puis il refit une tentative, avec beaucoup de succès. Il avait atterrit sur une petite branche en face des deux personnes. Toutes deux s’étaient arrêtées de marcher pour le contempler. Le petit merle pencha la tête sur le côté et les observa. Il chantonna, puis s’envola vers les deux personnes. Ni l’un ni l’autre ne s’attendait à ce que l’oisillon allait faire. Au lieu de remonter dans le nid, il fonça droit sur Arya, et se percha sur son épaule. Seregon dit alors quelque chose en Elfe. La jeune femme ne comprit pas, mais l’oisillon, lui, lui répondit par un petit piaillement joyeux.
-Il est désormais ton petit compagnon, dit alors l’Elfe.
Arya sourit, puis, sur son ordre, ils reprirent la route, avec cette fois un petit merle en plus.
Le temps passait, interminable. La chaleur de l’été se faisait de plus en plus ressentir sur les deux voyageurs, car leurs vêtements n’étaient pas vraiment adaptés à cette saison qui venait juste d’arriver.
Lorsqu’ils bifurquèrent pour trouver un petit sentier en terre battue, les hautes herbes un peu plus loin attirèrent l’attention de la jeune femme. Elle s’arrêta subitement, et Seregon manqua de peu de la percuter malgré ses sens aiguisés. Tout deux retinrent leur souffle. Même l’oiseau en faisait autant. Puis l’herbe bougea de nouveau. Plissant les yeux, la jeune femme essaya de distinguer ce dont il s’agissait.
Aussi rapide que d’habitude, elle encocha une flèche et attendit que la chose se montre. Les minutes s’égrenaient, et les herbes bougeaient toujours, sans dévoiler quoi que ce soit. Malgré sa patience en or, Arya commençait à s’impatienter. S’agissait-il de gibier ? d’un humain ? Elle n’aurait su le dire, et c’est ce qui la retenait de laisser partir sa flèche. Enfin, des rires d’enfants retentirent. Soulagée, la jeune femme débanda son arc et ordonna aux enfants de sortir de leur cachette.
-Alors Arya, commença un petit garçon d’environ huit ans, tu nous ramène quoi cette fois ?
- Rien pour le moment, répondit l’intéressée. Mais la prochaine fois que vous me faite la même blague, je risquerai d’avoir des brochettes d’enfants pas sages dans mon assiette.
Le petit éclata de rire, pas le moins du monde impressionné.
- Allez, venez, finit-elle par dire, on rentre à Vilmart.
Elle prit la tête du groupe, une petite fille sur les épaules. Seregon fermait la marche, le sourire aux lèvres, apparemment satisfait. Les gamins riaient entre eux et jouaient aux petits soldats avec des branches. Le merle les suivait, volant de branche en branche dans les arbres.
Quand le village fut en vue, les garnements coururent dans cette direction. L’Elfe en profita pour se placer aux côtés de la jeune femme. La fillette qui se trouvait sur ses épaules s’en était allée. L’oisillon avait reprit la place qu’il s’était attribué, et il observait maintenant l’homme.
Il l’épiait discrètement, retenant chaque détail de sa carrure. Son corps svelte et élancé correspondait exactement à la description qu’on lui avait faite. Ses cheveux noirs corbeau reflétaient les rayons du soleil, et sa peau, légèrement bronzée, semblait douce et chaleureuse. Le haut qu’elle portait était vert, les manches déchirées au niveau du coude. Le pantalon, lui, restait relativement simple. Ses yeux bleu électrique semblaient observer tout son environnement.
Elle se tourna soudainement vers lui, coupant ses réflexions et faisant voleter ses cheveux au passage.
-Vous passerez la nuit ici ? l’interrogea-t-elle.
Seregon acquiesça.
-Je suis au regret de vous dire qu’il n’y a pas d’auberges dans le coin, mis à part à Sangman. Village que je vous déconseille d’ailleurs, fit-elle, plus bas.
-Ne vous inquiétez pas pour moi.
Elle hocha la tête, et lui proposa de passez son séjours dans sa ferme. L’Elfe ne refusa pas sa proposition, et la jeune femme lui indiqua le chemin à suivre pour s’y rendre.
Alors ils partirent chacun de leur côté.
Pendant qu’Arya vaquait à ses occupations quotidiennes, Seregon, lui, mena ses pas jusque dans l’antre du forgeron.
A l’intérieur, l’air était brûlant. Des gouttes de sueur commencèrent déjà à perler sur le front de l’Elfe. Les coups que donnait le forgeron s’entendaient depuis l’extérieur. Il façonnait une lame. Le fer, blanc, se tordait à chaque choc, et prenait la forme que lui voulait l’artisan du fer.
Quand celui-ci remarqua l’arrivé du nouveau venu, il aboya un ordre, et quelques instants plus tard, un jeune homme entra et continua le travail. Ce devait être le fils de la montagne de muscle qui se présenta à Seregon.
-Bien le bonjour ! lança-t-il joyeusement. Que puis-je faire pour vous ?
L’Elfe commença alors ses explications. Quand il eu fini, le ferronnier fronça légèrement ses sourcils broussailleux. Il ne comprenait pas bien la requête de son client, mais n’en fit pas de formalité. Il hurla donc quelque chose encore, et cette fois, ce fut une jeune fille qui entra. Il lui parla, et quand il eu fini, il se mit au travail.
-Combien de temps cela vous prendra-t-il ? se renseigna l’Elfe.
-Deux jours, certifia l’intéressé.
Hochant la tête, Seregon remercia l’artisan du fer, et il s’en alla.
Se promenant dans Vilmart, Seregon alla chercher son cheval, qu’il avait laissé devant la forge. Le tenant par la bride, il observa les alentours, à la recherche d’un endroit où attacher l’étalon. Il en trouva un à quelques pas de la ferme d’Arya, et il y laissa son canasson. Ce dernier coucha ses oreilles en arrière, ce qui alerta l’Elfe.
Étudiant les environs et les menaces potentielles, il vit une ombre étrange derrière un arbre. C’était une silhouette noire qui avait la stature d’un homme, avec ses larges épaules, et qui avait une capuche rabattue sur la tête. Son regard croisa un instant celui de Seregon, et il disparût finalement dans l’ombre naissante du crépuscule.
L’esprit de l’Elfe ne savait comment traiter l’information. Il fut distrait de ses pensées en distinguant un léger bruit de pas dans son dos. Se retournant vivement, il faillit percuter Arya si celle-ci ne l’avait pas vu. Ils se toisèrent pendant quelques secondes, puis remarquèrent enfin la proximité de leurs corps. Les deux personnes s’éloignèrent vivement. Puis, comme si de rien n’était, la jeune femme invita à l’Elfe se rentrer. L’air commençait doucement à se rafraichir, et la nuit commençait à pointer le bout de son nez.
A l’intérieure de la bâtisse brûlait deux ou trois bougis pour assurer la luminosité décroissante. Au centre de la pièce principale se dressait une table, entourée de quatre chaises. Un fauteuil en osier basculante se tenait en face de la cheminée, qui figurait tout au fond, en face de la porte. Sur le fauteuil était assit un vieil homme aux cheveux blanc qui fumait une pipe. Quand il se tourna vers les visiteurs, l’Elfe pu voir qu’il était pourvu d’une barbe, toute aussi blanche que sa tignasse bouclée. Ainsi que des yeux vairons bleu et vert.
-Arya ! lança le vieux en se levant difficilement.
La jeune femme vint tout de suite l’aider, et le tint par un coude pour le stabiliser. Elle parcourut la pièce des yeux, puis vit quelque chose derrière l’Elfe.
-Peux-tu me donner la canne qui se trouve derrière toi ? demanda-t-elle à Seregon.
Celui-ci suivit son regard, et vit l’objet en question. Il le prit, et le lui apporta. Le vieux s’en saisit comme s’il s’agissait d’une bouée de sauvetage. De fait, s’en était une, en quelque sorte, puisqu’il n’arrivait pas à tenir debout sans.
-Seregon, je te présente mon père Maëlys, annonça la jeune femme, toujours près de son père.
-Enchanté, répondit poliment l’Elfe.
Il obtint un regard furieux en réponse. Il envoya en suite sa fille préparer un autre lit pour l’invité. Il en profita pour se rassoir dans son fauteuil en osier, et jaugea Seregon d’un œil mauvais. Bien que Maëlys soit quelqu’un de gentille, il n’appréciait visiblement pas la compagnie du nouvel arrivant.
-Que fais-tu ici, Seregon ? demanda le vieux en crachant presque le nom de l’Elfe, le regard toujours hostile.
-Aldaron à besoin d’elle, répondit l’Elfe.
-Et en quel honneur, je te pris ? renchérit le vieil homme.
-Je ne peux t’en dire plus, se défendit Seregon.
Ils ne dirent plus rien, car Arya venait d’entrer dans la pièce. Seregon avait reprit un air neutre, tandis que Maëlys le foudroyait toujours du regard. La jeune femme ne se rendait pas compte qu’il venait de se passer quelque chose entre eux deux.
-Tu passeras la nuit dans ma chambre, annonça-t-elle à l’Elfe.
Il hocha la tête, puis plus rien ne se passa en suite dans la soirée. Le père de la jeune femme toisa pendant tout ce temps Seregon, qui l’ignora. Enfin, tous se couchèrent.

-Mais pourquoi le papa de la fille il regarde comme ça l’Elfe ? demanda une petite fille qui écoutait mon histoire.
-Oui, renchérit un autre dans la foule, et puis c’est qui l’homme qu’a vu Seregon ?
-Attendez, attendez, rigolai-je. Vous le saurez bien assez tôt.
Je me remis alors à leur conter l’histoire, surveillant de près les silhouettes encapuchonnées.


Le lendemain matin, Arya se leva aux aurores. La veille, lorsqu’elle est rentrée sans gibier de la forêt, un sentiment de culpabilité l’avait envahie. D’ordinaire, c’est elle qui ramenait des proies au boucher, qui lui le revendait à des prix bien plus élevés que la moyenne. Malgré le tarif exagéré, tous venait lui en acheter de bon cœur.
La veille, le boucher était quelque peu déçu. C’est ce qui motiva Arya à se lever de bonne heure et aller en forêt.

Le soleil commençait à peine à se dresser dans le ciel. Les ombres rétrécissaient à vu d’œil, et les bois commençaient doucement à se réveiller. Certains oiseaux, matinaux, piaillaient déjà. Les brindilles craquaient délicatement sous les pas de la jeune femme, qui marchait lentement, encore à moitié endormie.
Ce fut un petit frémissement dans les buissons qui la réveilla entièrement. Les sens aux aguets, Arya guetta le moindre autre signe de mouvement. Elle en perçu un, un peu plus loin devant elle. Bandant son arc, la flèche se tenait prête à partir. La corde, contre sa joue, vibrait légèrement au gré de la petite brise qui c’était levée. Elle projetait les cheveux de la jeune femme en arrière, ce qui l’avantageait. Sa proie ne pourrait la sentir arriver.
Quand la bête bougea encore un peu, la flèche partit à toute vitesse dans sa direction. La jeune femme entendit un petit bruit, et sut qu’elle avait touchée sa cible. Elle accourut, et aperçu une biche, couchée sur le flanc.
Un sourire aux lèvres et des yeux qui reflétaient de la tristesse, la jeune femme retira la flèche du cou de l’animal, et prit sa dague. Ainsi, elle lui trancha la gorge, pour que la bête ne souffre plus. Elle n’aimait pas beaucoup chasser. La vie qu’elle voyait s’éteindre dans les regards des créatures qu’elle tuait la faisait souffrir.
Laissant ses réflexions pour plus tard, Arya attrapa la biche par les pattes, et la traina jusque chez le boucher. Il allait être content !
Quand l’homme vit ce que la jeune femme venait de lui apporter, il lui sourit de toutes ses dents (c'est-à-dire des chicots noirs) et lui proposa de dépecer la bête avec lui. Ainsi, elle pourrait garder la peau. L’aidant volontiers, Arya passa la moitié de la matinée à dépiécer la biche.
C’est là que Seregon la retrouva.
-Ah ! s’écria la jeune femme, agréablement surprise de le voir. As-tu bien dormis ? demanda-t-elle finalement.
-Très bien, je te remercie, répondit-il, manifestement pressé de lui demander quelque chose à son tour. Au fait, aimes-tu les voyages ?
La fille de Maëlys attesta par l’affirmative, et cela parut soulager l’Elfe. Sa question paraissait être importante. Enfin, après lui avoir souhaité bonne journée, la jeune femme s’essuya les mains sur son tablier blanc, déjà couvert de sang, et le rendit à son propriétaire. Sa journée ne faisait que de commencer.
Pendant qu’elle retournait à la ferme pour aider son père, le forgeron vint voir Seregon. Sa commende était prête. L’artisan du fer avait travaillé toute la nuit, car, sans qu’il sache pourquoi, cet ouvrage l’avait poussé à terminer le plus tôt possible. L’Elfe le paya, et il repartit vers la maison de ses hôtes avec dans la main un long bâton plat recouvert d’un tissu blanc.
Les choses sérieuses vont bientôt commencer, se dit Seregon.
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Mer 4 Mai - 17:49

Et voilà pour ce premier chapitre. J'espère qu'il vous plaira Cx
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par christian Barth le Mar 31 Mai - 12:44

Oui c'est très bien. Continue d'écrire.
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Mar 28 Juin - 17:42

Chapitre 2

Seregon resta une nuit de plus chez Arya et Maëlys, bien que le vieux n’eu pas envie de revoir l’Elfe.
Ce qui se réalisa cette nuit là constituait un changement énorme dans la vie de la jeune femme.
Une fois toute la maisonnée endormie, l’Elfe passa à l’action. Il se leva de son lit, puis alla dans la grande pièce qui servait de lieu de vie. La fille du vieil homme dormait là, sur des couchettes. Son air paisible fit regretter un instant à Seregon ce qu’il s’apprêta à faire. Murmurant un vague « désolé », il prit la jeune femme dans ses bras. Elle remua quelque peu, marmonna des mots incompréhensibles, et retrouva sa sérénité. Il avait remarqué que dans l’écurie se trouvait un cheval gris souris. Comme il était le seul, Seregon avait pensé qu’il s’agissait de l’étalon de la jeune femme. Avant la tombée de la nuit, l’Elfe avait sellé son cheval, ainsi que l’étalon d’Arya. Le long bâton était attaché au sien, tandis que les provisions, ainsi que les peaux qu’avait récupérer la jeune femme étaient attachés sur l’étalon gris.
Lorsqu’il sortit, les deux canassons attendaient, accrochés à la clôture qui entourait la ferme. Il posa Arya sur son coursier, puis monta à son tour. Mettant la fille du vieux bien à l’aise sur son torse, il avait dans une main la bride de l’autre cheval, et tenait dans l’autre l’endormie. Une fois que les chevaux furent bien attachés l’un à l’autre, l’Elfe se mit en route.

Le soleil tapait sur les yeux fermés d’Arya quand celle-ci se réveilla. Levant une main pour se protéger, elle ne se rendit pas compte tout de suite qu’elle n’était plus chez elle. Quand cette réalité la frappa, elle se redressa vivement, ce qui mit fin au petit trot régulier de l’étalon noir. Dans son dos, la jeune femme s’aperçu qu’il y avait quelqu’un. Tournant vivement la tête, faisant voleter au passage ses longs cheveux noirs corbeau, elle vit Seregon.
Lorsqu’elle ouvrit la bouche pour parler, l’Elfe l’en empêcha d’un geste de la main, le regard étudiant les environs. Un léger bruit suspect avait attiré son attention, et il essayait de distinguer d’où il provenait. N’avisant rien, il dériva son regard émeraude vers Arya. L’astre du jour faisait briller la couleur verte de ses yeux, les rendait flamme de joyaux, ce qui coupa court à l’indignation de la jeune femme.
-Si tu n’as rien à dire, et que tu es bien réveillée, je te conseil de monter sur ton cheval, conseilla Seregon.
Trop abasourdie pour contester, la fille de Maëlys descendit de l’étalon noir pour monter sur celui gris souris. L’Elfe détacha les deux canassons, et ils purent ainsi reprendre leur route.
Encore sous le choc, Arya contempla son environnement pour essayer de se repérer. Malheureusement, elle n’y arrivait pas. Devant sa ferme se trouvait toujours les bois, de même au village. Or là, il n’y avait que des plaines à perte de vue. Mis à part à sa droite où l’on pouvait distinguer une bordure de forêt, il n’y avait pas beaucoup d’arbre tout autour d’elle.
- Où sommes-nous ? finit-elle par demander.    
-Dans les plaines, répondit évasivement Seregon.
Grommelant tout bas, Arya étudia encore une fois les alentours. Il n’y avait rien qu’elle connaissait. Sauf peut-être…
-Où nous mène ce sentier battu ?
-Là où nous devons aller, rétorqua encore une fois l’Elfe.
Pestant contre son compagnon, la jeune femme croisa les bras. Soudainement, un petit merle qui venait de la droite des voyageurs, fonça droit sur la fille de Maëlys. Il se percha sur son épaule, fidèle au poste.
-C’est seulement maintenant que tu reviens toi ? ironisa Arya.
De fait, le petit oiseau n’était pas venu vers elle lorsqu’elle se trouvait à Vilmart.
-Les oiseaux n’aiment pas trop la compagnie des hommes, lui dit Seregon. Il est normal qu’il ne t’ait pas accompagné lorsque tu étais au village.
Après ces paroles, ni l’un ni l’autre n’essayèrent de relancer la conversation.
Le soleil continuait tranquillement sa route vers l’ouest, c'est-à-dire vers la droite d’Arya. Et elle savait que son village se trouvait dans ce coin là.
Alors elle commença à échafauder un plan.
Lorsque la nuit commença à tomber, Seregon installa un campement. Tandis qu’il commençait à faire un feu, la jeune femme monta doucement sur son cheval. Comme il lui tournait le dos, elle ne réfléchit pas plus et lança l’étalon au galop. Mais, malheureusement pour elle, Seregon était vif, et il avait certainement quelques siècles d’entrainement derrière lui. Ce n’est certainement pas une jeune femme comme Arya qui allait lui faire défaut.
Sautant à son tour sur le canasson noir, il se lança à la poursuite d’Arya. Le poussant à bout, il fini par rattraper la fugueuse.
-Pourquoi m’as-tu enlevé à la seule famille qu’il me reste ? hurla Arya.
Seregon crut qu’elle venait de lui donner une gifle.
-Si tu reviens au campement, je t’expliquerai tout.
Partagée entre l’envie de courir jusqu'à son père et celle de connaitre les intensions de l’Elfe, elle resta un instant sans rien dire. Puis la curiosité prit les dessus, et elle suivit docilement Seregon. Elle savait que c’était une capitulation rapide, mais elle avait la ferme intention de s’enfuir dès qu’elle connaitrait les raisons qui on poussé l’Elfe à l’enlever de chez elle.
-Explique-moi tout, dit-elle.
-Comme tu l’as surement remarqué, je suis un Elfe. (Arya hocha la tête avec impatience). As-tu déjà entendu parler d’Aldaron Veritatum ?
-Vaguement, mais oui.
-Il est le chef de mon clan, le clan Mefet, qui signifie « âme » en Elfe. Il te connait, et, d’après lui, tu es destinée à de grandes choses. Il fait référence à la Bête, l’usurpateur du trône des Hommes Solitaires.
En entendant Seregon faire mention de son peuple, Arya se redressa, soudain intriguée.
Dans Aramias, il existe plusieurs peuples. Le plus ancien est celui des Elfes. Il y a peu de temps encore, c’était un peuple uni. Malheureusement, depuis quelques siècles, c'est-à-dire depuis que l’usurpateur s’est emparé du pouvoir, les Elfes se sont séparés en deux clans. Puis viennent  les Fées, des sortes de lucioles qui feraient voyager les gens d’un monde à l’autre. Ensuite, les Nains, qui habitent dans les Montagnes de l’Écho, petits êtres qui creusent continuellement la terre. Enfin, le peuple le plus récent, celui des Hommes. Quand ils sont arrivés sur Aramias, ils se sont séparés en trois groupes distincts. Le premier, celui des Hommes Elfes. Ils ont une alliance avec les Elfes, d’où leur nom. Puis les Hommes Nains. Leur appellation a les mêmes origines que celles des Hommes Elfes. Puis les Hommes Solitaires, qui eux restent sans alliés. Après maintes négociations entre les peuples, il fût décidé que le dernier peuple soit dirigeant d’Aramias, pour le bien de cette terre magique et ancestrale.
Arya écouta alors plus attentivement ce que lui disait Seregon.
-Le dictateur d’Aramias, continua l’Elfe, est un Erelfa. Une sorte de moitié Elfe, moitié Homme. D’après Aldaron, tu serais la seule à pouvoir le détrôner. Tu es dotée d’un pouvoir immense.
-Mais comment ? s’écria la jeune femme, n’y comprenant plus rien à ce que racontait l’Elfe. Je ne suis ni Elfe, ni magicienne !
-Tu ne sais pas tout de tes origines…
Seregon avait murmuré cette dernière phrase, de sorte à ce qu’Arya n’entende pas. Le chef du clan Mefet ne lui avait pas autorisé à tout lui révéler.
Arya bâilla, ce qui mit fin aux réflexions de l’Elfe, qui était tourmenté par ce qu’il avait chuchoté.
-Il est temps de dormir, ajouta-t-il. Veux-tu continuer avec moi cette aventure ? demanda-t-il soudain, soucieux.
-Et comment ! répondit la jeune femme avec entrain.
Seregon soupira de soulagement, puis, d’un simple mouvement du poignet, il éteignit le feu, tout en se plongeant sous ses couvertures.
-Demain nous passerons à Sangman pour t’acheter une tenue qui conviendrait mieux à un long voyage.
En entendant le nom du village, Arya frémit. Mais ses frayeurs n’étaient pas assez fortes pour triompher du sommeil qu’avait provoqué la longue chevauchée.

Au petit matin, alors que le soleil entamait à peine sa montée dans le ciel sans nuages, Arya fut réveillée, secouée par une main ferme. Grognant, elle tenta, en vain, de repousser cette main qui la dérangeait. Elle ne voulait pas quitter le beau rêve qu’elle faisait.
-Allez Arya, lève-toi, si tu veux qu’on arrive le plus tôt possible à Turquoilitte.
Le seul fait d’évoquer la capitale de la Forêt aux Ombres Turquoises fit redresser la jeune femme. Elle savait qu’elle irait voir les Elfes dans ce bois, mais il ne lui était pas venu à l’esprit qu’elle irait jusqu'à sa capitale.
Il ne fallu pas à l’Elfe d’insister plus, la jeune femme s’étant levé au seul nom de sa capitale.
Une fois en selle, leur voyage pu continuer. La route qui menait à Sangman n’était pas tracée, mais les traces d’une carriole leur indiquèrent la route à suivre.
L’astre du jour, dans le  ciel sans nuages, frappait les voyageurs imprudents de sa chaleur mordante. La jeune femme et Seregon le savaient certainement mieux que personne,  leur voyage durant toute la journée.
Chevauchant côte à côte, ni l’un ni l’autre ne parlait. Tandis que Seregon se penchait en avant pour aller chercher la gourde qu’il avait attachée à l’encolure de son cheval, Arya perçu une marque scintillante dans la nuque de son compagnon. Curieuse, elle approcha sa main et frôla ce qui se révéla être un demi cercle doré.
L’Elfe sursauta, ce qui fit hennir son étalon. La jeune femme s’excusa, toute penaude.
Elle avait agit instinctivement, car, d’après les dires de tous ceux qu’elle connait, elle-même avait un demi cercle, à la différence près que le sien est argenté, et non doré. Involontairement, elle porta sa main à sa nuque, caressant doucement l’emplacement de sa « tache de naissance », comme l’appelait Gwendolyne, celle qui était sa meilleure amie à Vilmart.
-Qu’elle est la tache dorée que tu as sur la nuque ? interpella-t-elle Seregon.
-C’est une nara. En langage courant, c’est une tache de naissance.
Arya manqua de peu de tomber de sa monture.
-Et…, continua-t-elle, fébrile, est-ce la même chose que celle-là ?
Lui tournant le dos, elle souleva ses longs cheveux noirs et lui montra sa nuque.
-Je n’en sais rien, menti-t-il.
La jeune femme n’avait pas repérer le mensonge dans la voie de l’Elfe, ce qui était tout aussi bien. Elle ne devait pas savoir qu’il lui cachait des choses.
Le reste du voyage se passa sans autre incident. Il leur a fallu s’arrêter plus d’une fois à cause de la chaleur pour ménager les chevaux et s’arrêter dans une petite ferme pour se réapprovisionner en eau.
Le soir, ils arrivèrent à Sangman. Le ciel s’assombrissait de plus en plus à chaque minute, et il leur fallait trouver une auberge au plus vite.
Quand ils entrèrent dans le village, tous les passants les regardaient avec compassion, sachant que l’un ou l’autre allait disparaître cette nuit. Tous était faméliques, la peau sur les os. Les rares enfants qu’ils virent ne jouaient pas comme ceux de Vilmart. Ils restaient toujours derrière un de leurs parents, le regard sombre. Même les animaux semblaient comprendre que c’était un village déchu. Les maisons, si on peut les appeler ainsi, étaient dans un état déplorable. L’humidité avait tout ravagé, et tous ces taudis semblaient pouvoir s’effondre à tout instant. Le sentier en terre battue était couvert d’une bonne couche de boue, et les sabots des chevaux devinrent sales en quelques minutes seulement.
Arya ne se sentait pas à l’aise dans cet environnement. Il lui donnait la chair de poule, et la nuit tombante accentuait cet effet d’insécurité. A côté d’elle, Seregon se tenait droit, le regard braqué devant lui, comme s’il ne voyait pas ce qu’il se passait tout autour de lui. Et le petit merle, quant à lui, s’était enfui bien avant qu’ils arrivent.
Un frisson glacé parcourut le corps de la jeune femme lorsqu’elle vit un mendiant tendre la main vers elle pour qu’elle lui donne un morceau de nourriture. Elle croisa le regard de l’Elfe. Il semblait lui dire de n’intervenir qu’en cas de danger.
Lorsqu’ils dévièrent vers la gauche, la jeune femme vit une auberge. L’établissement paraissait être plus entretenu que le reste des habitations. Une écurie, placée juste à côté de la bâtisse, devait abriter de nombreuses montures, puisque l’édifice s’avéra être plein à craquer.
Après avoir laissé les canassons dans le haras, une pluie fine commença à tremper les vêtements des badaud encore dehors. Arya et Seregon se dépêchèrent de rentrer dans l’auberge.
-C’est drôle ! dit un garçon, très attentif à ce que je disais. Il pleut ici et là-bas !
-Oui, il a raison, renchérit la fillette sur mes genoux. Et puis ici aussi il y a plein beaucoup de gens ! Comme dans l’histoire !
Je ris doucement. J’oubliai parfois à quel point les enfants sont amusant quand ils découvrent le langage.
-On dit « il y a beaucoup de gens » et pas « il y a plein beaucoup de gens ».
Les plus âgés qui suivaient l’histoire rirent de bon cœur. Je repris alors où je m’étais arrêtée.

Seregon alla chercher deux chambres. Malheureusement, comme les maisons s’écroulaient les unes à la suite des autres, la plupart des gens venaient trouver refuge dans la taverne. L’aubergiste n’avait plus qu’une seule chambre, et, en entendant la description de celle-ci, l’Elfe grogna. Fâcheusement, il fallait de surcroit qu’elle soit toute petite.
En entrant dedans, les voyageurs virent un grand lit avec deux oreillers, et à peine assez d’espace pour qu’un homme puisse se coucher par terre.
-Merde, jura la jeune femme.
-Surveille ton langage, veux-tu, la réprimanda l’Elfe.
Bougonnant, la voyageuse posa ses affaires sur le sol et se jeta littéralement sur le lit, épuisée. Seregon, quant à lui, descendit pour aller chercher leur dîner.
Quand il entra dans la salle principale, une foule avait formé un cercle. En son centre se trouvaient deux hommes qui se toisaient, les manches retroussées, les points serrés, prêts à se battre. L’un avait les yeux qui pétillaient de malice tandis qu’une forte odeur d’hydromel sortait de ses lèvres. L’autre, qui s’avéra être fou de rage, avait un œil au beurre noir, et la même odeur alcoolisée.
-Répète un peu sa pour voir ! dit l’homme à l’œil au beurre noir.
-Ta femme t’a trompée avec tout les hommes de Sangman, lui répondit le malicieux.
Un coup de poing fusa pour atterrir sur le visage du deuxième qui venait de parler.
Seregon, qui ne supportait pas ce genre de comportement, intervint. Il se plaça entre les deux bagarreurs, une main devant chacun, les regardant tour à tour.
-Dégage de là ! hurla celui qui était à la gauche de l’Elfe.
-On veut pas de merdeux dans not’e bagarre, compris ? renchérit l’autre.
-Vous la fermez, et je ne veux plus vous entendre, répondit calmement Seregon.
-Eh, mais attendez ! C’est pas un Elfe c’lui là ?
La foule s’excita encore plus à cette évocation. Tous pensaient qu’il allait se joindre à la querelle non avec ses paroles, mais avec ses points. Les paris fusèrent alors.
Arya, qui était descendue voir ce que faisait son compagnon, vit la scène, et soupira.
Tous les mêmes, ces hommes, songeât-elle.
Pendant qu’elle se frayait un chemin pour atteindre le centre de l’attention, Seregon perdit ses moyens, et son poing s’abattit sur l’un des bagarreurs. Celui-ci vacilla, abrutit par l’alcool, et retrouva son équilibre après un certain temps. Il en profita pour cogner l’autre, qui eu moins de succès à rester debout, et se ramassa par terre. Il ne bougea plus, mais son torse continuait à se lever au rythme de sa respiration.
-Seregon ! hurla soudainement Arya.
L’Elfe se tourna vers la jeune femme. Son adversaire en profita et lui assena un coup de pied bien placé dans l’entre-jambe. Le voyageur se plia en deux sous l’effet de la douleur. Arya poussa les dernières personnes qui lui barraient la route pour s’agenouiller devant Seregon. Recroquevillé sur lui-même, il semblait souffrir. Puis il leva les yeux au-dessus d’Arya, et il la regarda ensuite. Il voulait lui dire quelque chose. Elle comprit rapidement.
La jeune femme se releva à une vitesse qui l’étourdit un peu, mais elle reprit rapidement ses esprits, assez en tout cas pour esquiver un coup au visage. Après quelques autres coups esquivés, elle prit l’offensive, et commença à donner des coups. Plusieurs atteignirent le visage de son adversaire, d’autre dans les côtes, et un dans le genou, ce qui le fit tomber à terre. Après ça, il capitula, vaincus.
C’est à ce  moment là que la jeune femme se rendit compte du silence qui régnait dans la salle. Tous l’observait avec des yeux ébahis, surprit qu’une femme sache se battre comme un homme. Cela se voyait qu’ils ne connaissaient pas Arya.
Alors que la foule se dispersait pour parler de ce combat hors du commun, la jeune femme se pencha pour aider l’Elfe à se lever. S’il avait encore mal, il n’en montra rien. Finalement, après un repas prit en vitesse dans la grande salle, ils remontèrent pour éviter les regards.
Une fois que la porte fut fermée, Arya se tourna vers Seregon, les poings sur les hanches, son regard empli de colère.
-Mais qu’est-ce qui t’as pris de te lancer dans cette bagarre ? tonna-t-elle, furieuse.
D’un geste nerveux, l’Elfe passa sa main dans ses cheveux bruns. On aurait dit ne mère qui dispute son fils parce qu’il a fait une grosse bêtise. De fait, c’était le cas d’une certaine façon.
Enfin, Seregon répondit. Et ce qu’il dit la déstabilisa tellement qu’elle en oublia sa rage pendant un instant.
-Je suis désolé.
Soupirant, Arya se laissa tomber sur le lit, épuisée par sa bagarre imprévue. Puis elle s’endormie sans s’en rendre compte.
Ce ne fut pas Seregon qui la réveilla, ni même la lumière du jour. C’était plutôt l’odeur de fumée.
La jeune femme se redressa vivement, enlevant au passage la fine couverture qui la recouvrait. Dans le lit, à côté d’elle, Seregon était lui aussi réveillé. Son nez et ses sourcils plissé indiquait qu’il sentait exactement la même chose qu’elle.
-C’est pas bon signe, ça, murmura-t-elle.
Seregon hocha la tête, et, avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, la jeune femme se levait déjà pour prendre dans son sac son arc et ses flèches, que Seregon avait pensé à prendre avec.
Sortant en trombe de la petite pièce, Arya dévala les escaliers. Une fois en bas, la fumée la prit dans ses bras, et elle ne vit pas à plus d’un mètre en face d’elle. Relevant son pull sur son nez pour en faire un masque, elle avança prudemment, les yeux plissés. Plus elle marchait, plus la fumée s’épaississait. Elle ne devait plus être loin du feu.
Continuant son ascension, Arya finit par atteindre la porte d’entrée. Elle sortit et contourna le bâtiment, en direction de la naissance de la fumée. Et ce qu’elle vit ne lui plut pas du tout. Mais alors pas du tout.
Devant l’écurie se trouvait un homme encapuchonné d’une cape noir. Dans sa main se tenait une fine baguette.
Un magicien, pensa la jeune femme.
Alors elle ne réfléchi plus. Courant jusque devant les barriques d’huile, elle trempa la pointe de sa flèche dedans, puis bondit presque jusqu’aux flammes. Sa flèche s’embrassa tout de suite, et, en l’encochant, elle visa le magicien. Celui-ci ne la vit que trop tard. Le missile partit à une vitesse ahurissante, et se ficha dans le cœur le d’homme. Les flammes, qui étaient rouge jusque là, devinrent noir.
La jeune femme n’eu pas le temps de voir ce qui allait arriver par la suite, car elle s’était déjà tourné vers le haras. Elle entendait les chevaux hennir et en avisa un qui sortit telle un diable, la queue en feu, de l’autre côté de la bâtisse. Alors elle ne réfléchit pas plus et fonça droit dans les flammes. Elle crut entendre dans son dos un homme hurler son nom.
Dans la fournaise, Arya ne voyait rien. La chaleur faisait ondoyer l’air tout autour d’elle. Les formes des chevaux étaient indistinctes et bougeaient sans cesse.
Pourvu que je puisse voir dans les flammes, ou je ne m’en sortirais jamais, se dit-elle. L’instant d’après, sa vision ce fit plus nette, et elle pu observer ce qui l’entourait.
Des canassons hennissaient de douleur, les membres en feu. Leurs yeux reflétaient la terreur, et chaque chose mouvante les effrayaient et les faisaient partir dans la direction opposée. Un plan s’assembla dans les pensées de la jeune femme. Et elle le mit à exécution.
Arya se retourna pour jeter son arc et ses flèches en dehors de la fournaise. Elle ne voulait pas blesser les montures. Elle se retourna et agita les bras pour pousser les chevaux à partir vers la sortie. Elle en poussa certains en leur donnant des tapes sur le cul, trop terrifiés qu’ils étaient pour faire le moindre geste.
Tout en accomplissant ça, Arya toussaient de plus en plus. Lorsqu’elle aidait un poulain à sortir avec sa mère, une explosion avait retentit dans son dos. Elle s’était retournée pour observer, et le regretta aussitôt. Un mur de flamme venait de ravager la partie où étaient stockées les bottes de foin. C’était l’endroit le plus dangereux, et Arya ne c’était pas rendue compte qu’elle s’y était approchée. Les flammes, plus hautes que jamais, fondirent sur elle. Clouée sur place, les bras levés dans une tentative de protection vaine, le feu lui dévora l’avant bras droit. L’élément déchaîné l’aurait engloutie si quelque chose, ou plutôt quelqu’un, ne l’avait poussée hors de l’écurie.
La jeune femme voulait remercier son sauveur, mais la douleur dans son avant bras la submergea, et les ténèbres l’accueillirent.
Les enfants devant moi me regardaient, bouche bée. Il est vrai que ce ne sont pas des histoires que l’on raconte communément aux enfants de leur âge, mais une nouvelle loi a été mise en place, comme quoi que, chaque foi que l’occasion se présentait, il fallait leur conter une histoire qui comprend la magie et la guerre. Ne cherchez pas pourquoi. Navone ne sait plus trop ce qu’elle fait ces temps si…

et voilà le chapitre suivant! désolé du retard, il devait sortir plus tôt Smile
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Lun 8 Aoû - 13:24

Chapitre 3


Dans son rêve, Arya était dans un cachot, sombre, humide. Ses pieds la faisaient souffrir, d’une douleur qu’elle n’avait jusque là jamais éprouvée. A sa droite, tapie dans m’ombre, une silhouette familière se dessinait. Recroquevillée sur elle-même, la jeune femme ne pouvait voir son visage. Seuls ses cheveux noirs corbeau apparaissaient, aussi longs et aussi magnifiques que les siens malgré leur état lamentable. La peau de la personne était fripée et verte, comme si elle pourrissait. Cependant, Arya savait qu’elle n’était pas morte, car ses épaules bougeaient au rythme de sa respiration, quoique lente. Son désespoir pouvait se lire à des kilomètres à la ronde.
Tandis que la jeune femme à côté d’Arya commençait à lever la tête pour l’observer, elle se réveilla subitement, gardant en mémoire les yeux turquoise qu’elle avait vus. Grondant son mécontentement, la jeune femme ouvra difficilement les yeux. Au dessus d’elle s’étendait la voute céleste, noire. Les étoiles luisaient dans ses yeux bleus électrique. Le crépitement d’un feu de camp retentait non loin d’elle. C’est ce petit bruit qui lui fit rappeler la raison pour laquelle elle se trouvait allongée, ainsi que sa douleur.
Elle a du gémir plus fort, car Seregon apparu à ses côtés. Il lui ordonna de ne pas bouger, et il sorti son bars de la couverture qui la recouvrait. La jeune femme du serrer des dents pour ne pas hurler de douleur.
-Doucement, chuchota l’Elfe. Doucement… Je suis désolé si je te fais mal.
Incapable de parler, Arya hocha la tête. Seregon enleva lentement et progressivement le bandage qui recouvrait l’avant bras droit de la jeune femme. Celui-ci était tinté par ci par là de sang. En le voyant, l’Elfe fronça les sourcils, mécontent. Puis il déposa délicatement l’avant bras de sa protégée sur son genou. La jeune femme étouffa un cri de justesse. Tandis qu’il l’examinait minutieusement, la douleur commença à fatiguer Arya. Elle était sur le point de s’endormir quand Seregon lui demanda :
-Pourquoi l’as-tu tué ?
Ce n’était qu’un murmure dans la nuit, une question qui ne réveillerait personne. Or, ce fut le contraire pour Arya.
-Je… je n’en sais rien, avoua-t-elle.
Un silence gênant s’installa entre eux. La jeune femme aurait voulu que la douleur la refasse sombrer dans les ténèbres, le temps qu’il lui refasse le bandage, mais ses pensées l’en empêchèrent.
C’est vrai, pour quelle raison a-t-elle empalé ce magicien de sa flèche en feu ? La réponse lui vint instantanément. Quelque chose en moi me soufflait qu’il n’était pas quelqu’un de bon. Les flammes noires le témoignent. Elle voulût le dire à Seregon, mais il toucha sans le vouloir une brûlure qui la faisait souffrir le martyr. Elle ne pu cette fois retenir une injure bien sentie.
L’Elfe la regarda dans les yeux.
-Excuse-moi. Je ne voulais pas…
Elle le coupa d’un geste de la main et dit :
-Je sais, tu es désolé. Ce n’est pas grave. Tu fais de ton mieux, et c’est déjà pas mal.
Il fixa une dernière fois ses yeux, une expression navré sur le visage. Il fini le bandage et s’assit près d’elle, scrutant le feu qui brûlait non loin d’eux. Arya en profita pour l’épier discrètement.
Il s’emblait inquiet. Les flammes dansantes se reflétaient dans ses yeux de la couleur de l’émeraude. Sa fatigue se lisait sur la ride qu’il avait sur le coin de la bouche. Le regard dans le vague, il avait l’air de réfléchir. Mais à quoi ? La jeune femme n’aurait su le dire. Son dos vouté laissait apparaître sa lassitude. Puis ses cheveux. Toujours aussi magnifiques.
Prise d’une impulsion soudaine, Arya se redressa et toucha sa chevelure brune. Seregon sursauta, mais se laissa faire. Finalement, il se leva et alla à sa couchette. La voyageuse crut un instant qu’il allait dormir et la laisser seule. Mais non. Il la prit et la ramena auprès d’elle, afin que quand il se couche, leurs épaules puissent se toucher.
Une fois bien installé, il se tourna vers la blessée. Il la surprit en lui caressant lui aussi sa cascade de cheveux noirs corbeau. Son pouce descendit pour lui effleurer la joue. Puis, soudainement, comme s’il se rendait compte de ce qu’il faisait, il lança un « Bonne nuit » froid, se retourna de sorte à lui montrer son dos, et il ne se passa plus rien de la soirée.
Arya, troublée parce qu’elle avait fait, et ce qu’il avait fait, laissa ses pensée l’emmener là où elles le voulaient. C’est ainsi qu’elle s’endormit avec l’image des yeux turquoise qu’elle avait vu avant de se réveiller.

De petits sauts la réveillèrent. Une impression de déjà vu s’empara d’Arya.
Adossée au torse de Seregon, chevauchant l’étalon noir de celui-ci, le soleil tapait sur le crâne de la jeune femme. Elle voulu lever la main droite, mais un élancement cuisant lui enveloppa l’avant bras droit.
-Enfin réveillée ? demanda l’Elfe dans son dos.
Pour toute réponse, la voyageuse grogna. C’est alors qu’elle se rendit compte où elle se trouvait.
-Comment ce fait-il de la Forêt soit tout près alors que nous venons juste de quitter Sangman ?
-Cela fait plus d’une semaine que tu dormais. Je n’allais pas rester dans ce village avec quelqu’un de vulnérable.
Arya prit la mouche.
-Mais je ne suis pas vulnérable !

-Mais non, elle ne peut pas être vulnérable Arya ! lança assez fort une fillette qui écoutait.
-J’en suis sûre, dis-je en observant les silhouettes noirs au fond, car l’une d’elles c’était retournée.
-Alors pourquoi elle le dit ? demanda la petite sur mes genoux.
-Parce que Seregon lui a dit qu’elle l’était.
Et avant que d’autres questions ne se pausent, je continuais, gardant ces gens encapuchonnés à l’esprit, les épiant du coin de l’œil.


-Je n’en doute pas, lui assura l’Elfe, mais endormie, tu es en danger. Or, je n’ai pas envie de te…
Il ne dit plus rien. Arya l’encouragea à poursuivre à voix haute ce qu’il voulait, mais il resta muet comme une tombe. Enfin, elle se rendormie, bercée par les trots réguliers de l’étalon noir. Sa dernière pensée fut qu’elle devrait lui demander le nom de son cheval.

Seregon scrutait les environs, à l’affut du moindre signe de danger. Son regard passait de la lisière de la Forêt, que l’on pouvait distinguer de là où étaient les deux voyageurs, et il revenait sur Arya. Dès qu’ils passaient près d’un village, l’Elfe l’observait, mais chaque fois, ses yeux se posaient automatiquement sur la jeune femme endormie sur lui. Il éprouvait de la tendresse envers elle quand elle dormait. Même quand elle était réveillée, mais il la cachait en restant neutre. Quelle bêtise qu’il avait fait que de la laisser lui toucher les cheveux la veille au soir ! Il avait aimé ce contact. Il l’avoue, mais il ne le ferait jamais devant elle. Là, maintenant, alors qu’elle se reposait de sa brûlure, la proximité de son dos contre son torse le perturbait. Ile ne savait pourquoi cette jeune fille lui faisait cet effet là. Il se fit alors la promesse de le découvrir. D’autant plus qu’elle était une Erelfa, donc il avait l’éternité devant lui pour le savoir.
Il souffla un bon coup. Qu’es qu’il n’aurait pas donné pour refuser cette mission ! Or, malgré le fait qu’il sentait qu’il allait se passer des choses, son cœur l’avait poussé à l’accepter. D’autant plus qu’il n’avait pas le choix, puis que Seregon était les bras droit d’Aldaron. Mais il aurait pu la refiler à Arawë, le Second du chef. Cependant, alors que cette idée lui était venue, il l’avait aussitôt rejetée. Un mauvais pressentiment l’avait envahit.
Tandis qu’il passait dans un village pour reprendre quelques provisions, il vit encore l’ombre qu’il avait croisé devant la maison d’Arya. Ce mauvais pressentiment l’a tout de suite submergé, et il a couru aller rejoindre la jeune femme. Elle s’était réveillée, les sens en alerte. Comme quoi, après qu’il lui eu demandé la raison de son réveil, elle lui avait répondu qu’elle avait senti que quelque chose n’allait pas. Il avait dégluti avec difficulté, mais il n’avait rien laissé transparaitre de son inquiétude. Il ne voulait pas l’inquiéter pour rien.
Alors ils se sont remit en selle, elle toujours sur son torse, à moitié endormie lors du départ. Depuis, il n’arrêtait pas de la reluquer toutes les secondes.
Ce fut lorsqu’Arya ce mit à gémir dans son sommeil qu’il décida de faire une halte. Non loin de leur route se trouvait un petit village. Là-bas, il connaissait un couple de personnes âgées très… étrange, mais fort sympathique. La femme s’appelait Fantine, tandis que son mari se nommait Gérard. Des noms étranges dans une contrée telle qu’Aramias.
Lorsqu’ils atteignirent la maison du vieux couple, des cris et des menaces à en faire pâlir se firent entendre.
-MAIS DEGAGE DE LA VIEUX SCHNOCK ! criait Fantine.
-JE FAIS CE QUE JE VEUX, JE SUIS CHEZ MOI ICI ! hurla Gérard.
-TANT QUE JE SERAIS VIVANTE, TU FERAS CE QUE JE TE DIRAIS !
-COMMENCE ALORS PAR FAIRE LA VAISELLE ALORS ! Y EN A MARRE QUE JE FASSE MOI TOUT TOUS SEUL !
Les exclamations continuèrent ainsi jusqu’à ce que Seregon frappe à la porte. Un silence de mort s’abattit sur la petite maison. La femme ordonna à son mari d’aller ouvrir à leur invité.
-Seregon ! s’écria le vieux en reconnaissant son ami.
- Salut mon vieux ! lança joyeusement l’Elfe.
-Qu’es qui t’amène dans le coin ? s’enquit Gérard.
Le sourire qu’affichait Seregon s’effaça d’un coup. Le vieux comprit instantanément en voyant Arya sur le torse de son ami, gémissant de douleur.
-C’est grave ? demanda-t-il, soudain sérieux.
Fantine, voyant qu’ils ne rentraient pas tout de suite, alla voir ce qu’il ce passait. Lorsqu’elle vit la jeune femme, elle lâcha la poêle qu’elle avait dans la main et ce précipita vers le cheval noir. Elle prit la blessée dans ses bras et l’emmena dans la maison.
-Va attacher les chevaux dans le box de la vache, lança-t-elle à l’intention de son mari. Seregon, suis-moi. Tu m’expliqueras comment ce fait-il qu’elle est évanouie. Et blessée.
L’Elfe accompagna Fantine, prit Arya des bars de la vieille femme car elle commençait déjà à s’essouffler, et partit dans la chambre d’ami. Il déposa délicatement la blessée sur le lit, et doucement, il enleva le bandage qui recouvrait l’avant bras de la jeune femme. Il était jauni par l’infection. En observant la brûlure, Fantine sorti précipitamment de la pièce. Elle avait quelles que pates d’oie sur le coin des yeux, mais n’avait pas beaucoup de rides. Sa longue chevelure rousse donnait l’impression à une explosion de flamme lorsqu’elle les bougeait. Ses yeux, bleu ciel, étincelaient toujours. Elle faisait une cinquantaine d’années à la louche, mais véritablement, elle devait avoir dans les soixante-dix ans.
Lorsqu’elle revint avec dans les mains un paginer en osier rempli de flacons et une bassine d’eau avec une serviette, Seregon prit place sur la chaise, un peu plus loin pour lui laisser de l’espace.
Tandis qu’elle s’affairait devant Arya, en lui lavant le bras de sa serviette humide, Fantine demanda à l’Elfe de lui raconter dans les moindres détails la raison pour laquelle elle s’était brûlée aussi gravement.
Pendant son récit, Gérard fit son apparition, et attendit la fin de son récit pour dire :
-Elle est une Erelfa.
Il avait soulevé ses cheveux pour observer ses oreilles.
-Exact, répondit Seregon, bien que ce ne fût pas une question.
-Comment ce fait-il alors qu’elle est avec toi ? demanda cette fois Gérard.
-Aldaron m’a demandé d’aller la chercher. Elle pourrait faire sortir Aramias du désespoir, selon lui. La Bête connaitrait une prophétie à son sujet.
Au nom de l’usurpateur du trône, le couple de Gérard et Fantine Foster trembla. La Bête avait prit le pouvoir à la famille royale Homme Solitaire du nom de Inata. Cela c’était produit il y a près de cinq cent ans. Les cent premières années furent terribles. Mais après la riposte d’Aldaron, la Bête avait calmé sa soif de sang, et depuis, seulement quelques endroits étaient ravagés tous les cents ans.
-Alors elle est extrêmement importante, murmura le vieil homme après un long silence.
Fantine, qui regardait dans ces flacons, ne dit rien. Elle se contenta de hocher la tête. Le silence se poursuit.
Tous sursautèrent quand Arya prit une brusque inspiration et se redressa sur le lit, manquant de peu de faire tomber le paginer de la vieille femme. Elle avait le front en sueur, les yeux fous et elle haletait bruyamment. Une fois que sa respiration redevint normale, elle observa l’endroit où elle se trouvait. Puis elle fixa ses yeux sur ceux de Seregon, et dit, l’air grave :
-Laureline est en danger. Il faut vite aller à Turquoilitte.
Puis ses yeux se révulsèrent, et elle resombra dans les ténèbres.

Quelques heures plus tôt, avant qu'Arya et Seregon n'arrivent chez les Foster

Le rêve d’Arya n’avait fait que commencer. Enfin… si on peut appeler cette vision un rêve. Car malgré ses allures cauchemardesques, au plus profond de son être, la jeune femme savait qu’il s’agissait d’une prémonition.
Après avoir vu cette silhouette qui lui ressemblait, tapis dans l’ombre d’un cachot, Arya fut transportée dans une autre vision. La jeune femme se trouvait dans une petite chambre exiguë, au sommet d’une tour, selon la vue que lui permettait de voir une petite fenêtre. Les murs, ronds, étaient couverts d’armoires qui épousaient les formes de la tour. Près de la porte se trouvait un grand miroir. La supposée Erelfa y vit son reflet.
Le choc, quoi que minime, il n’en demeurait pas moins présent. Arya était vêtue d’une longue robe blanche au corset serré, les épaules dénudées et des manches qui s’élargissaient de plus en plus tout le long des bras. A ses pieds, plusieurs pans de tissus blanc rendaient le vêtement médiéval.
Mais sa vraie surprise ne venait pas de là. Ce fut quand elle croisa son reflet dans le miroir que la surprise l’y attendait. Ses joues, autre fois légèrement teintée de rose, étaient à présent sales et creusées. Ses lèvres, si fines, étaient craquelées et une légère coupure entaillait sa bouche. Et quand elle croisa son regard…
Il n’y avait plus les mêmes sentiments qu’auparavant. La dernière fois qu’elle c’était vue dans un miroir, elle avait vu dans ses yeux de l’amour et surtout une sorte d’espièglerie. Comme si ses yeux mettait quiconque qui la regardait au défit de lui reprocher quoi que ce soit. Seul son père parvenait à le faire sans s’attirer les foudres de sa fille. Maintenant, ce qu’elle lisait dans cette inconnue qui avait prit son corps, c’était du désespoir, du malheur. Or, il y avait toujours cette petite part d’amour. Elle devait vraiment tenir à quelqu’un pour que ce sentiment reste alors que tout ceux qui la constituaient avaient disparut.
L’autre choc fut quand elle observa ses pieds. Quelques taches vertes les parcouraient, et ces taches étaient fripées, voire creusées, comme s’il s’agissait de pourriture.
Ses réflexions furent interrompues par une voix féminine dans son dos.
-Alors, es-tu prête pour ce qui t’attends ? demanda la femme qu’Arya n’avait pas remarqué.
La femme, vêtue d’une robe en peau d’animal blanc, se tenait derrière la jeune femme. Elle devait avoir environ trente ans, peut-être un peu plus. Ses yeux noirs contrastaient avec sa chevelure blonde.
Cheveux blonds, yeux noirs… songea Arya.
Cette personne lui disait quelque chose. Elle l’avait déjà vu quelque part. Mais où ?
Au moment où elle allait mettre le doigt dessus, la vision s’effaça, et elle se senti se redresser et dire d’une voix grave :
-Laureline est en danger. Il faut vite aller à Turquoilitte.
Puis le néant l’accueilli de nouveau.

je suis vraiment désolée du retard. il devait sortir beaucoup plus tôt
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Lun 8 Aoû - 13:26

Chapitre 4

-Comment connait-elle Laureline ? murmura Seregon.
A côté de lui, Gérard haussa les épaules. Il se contenta de lui répondre :
-Beaucoup de choses étranges se passent quand il s’agit de toi, mon ami…
Il soupira, puis, sur l’ordre de sa femme, alla chercher un autre bol d’eau. D’après Fantine, la fièvre de la jeune femme augmentait, et sa brûlure chauffait.
-Seregon, tu seras bien aimable de garder un œil sur elle. Je dois lui préparer un bol de soupe. Je ne sais pas depuis combien de temps elle n’a pas mangé, mais si elle ne le fait pas, elle risque de lâcher prise.
Le ton grave de Fantine n’augurait rien de bon. L’Elfe se posta alors sur la chaise qui était près dur lit. Il observait la jeune endormie, le front barré d’un pli et en sueur, les sourcils froncés et les yeux qui roulaient sous ses paupières. Son souffle, irrégulier, était rapide, soulevant sa poitrine par saccade. De temps à autre, elle gigotait, et elle faillit mettre une claque à Seregon s’il ne lui avait pas retenu le poignet.
Alors, pour l’apaiser, il mit sa main sur son front, et murmura une mélodie elfique. Aussitôt, Arya se détendit, et elle se laissa bercer au son de la voix de son ami. La vieille femme choisit ce moment pour revenir, un bol de soupe dans une main, un flacon dans l’autre. Son mari était revenu depuis longtemps avec l’eau, et avait épongé le font de la blessée.
-Il va falloir qu’elle se réveil si elle veut manger, dit soudainement Fantine, brisant ainsi le silence qui s’était installé après qu’eu fini Seregon de chanter.
L’Elfe s’enleva de sa chaise alors, et la vieille femme s’assit à sa place. Elle donna le bol à l’immortel, et ouvrit le flacon qu’elle avait prit avec elle. Une odeur rance s’en échappa, ainsi qu’une sorte de fumée verte. Gérard se pinça le nez tout en plaignant la jeune femme. Fantine versa le contenu de la fiole dans la bouche de l’endormie, et celle-ci ouvrit brusquement les yeux. La vieille rousse mit un bol dans les mains de l’Erelfa pour qu’elle puisse recracher ce qui l’avait réveillée lorsqu’elle s’assit.
Quand ce fut fait, elle passa une main tremblante dans sa longue chevelure noire corbeau. De son autre main, elle s’essuya les commissures de ses lèvres. Puis elle observa son environnement. Bien qu’elle l’eu fait un peu plus tôt, lorsqu’elle avait avertit Seregon que Laureline était en danger, elle ne se rappelait pas de ce qu’elle avait vu. Si bien que cette fois, elle remarqua la présence du vieux couple.
La vieille femme n’attendit pas plus, et lui donna le bol de soupe, qu’elle avait récupéré des mains de l’Elfe. Arya s’en empara comme s’il s’agissait d’une bouée de sauvetage. Elle ne prit même pas la peine de se servir de la cuillère que lui proposait Fantine, la jeune femme porta le bol à ses lèvres, et bu goulument. Une fois son repas terminé, l’Erelfa rendit la coupelle à sa propriétaire, et se laissa tomber sur ses oreillers. La jeune femme gémit doucement, sa douleur s’étant réveillée. Il n’empêche que son avant bras lui faisait beaucoup moins mal qu’avant de se retrouver dans la maison du vieux couple. Elle soupira un bon coup, et regarda ses hôtes.
-Combien de temps ais-je dormis, demanda-t-elle d’une voix rauque.
-Environ une journée, lui répondit Fantine.
Nouveau soupir.
-Je suis désolée si je vous ai dérangés. Je…
-Je sais, tu ne pouvais rien faire, lui répondit la vieille rouquine.
Seregon esquissa une ébauche de sourire. Arya lui avait une remarque du même genre quand il lui avait refait son bandage, une nuit… Il su tout de suite qu’elles allaient bien s’entendre.

Autour de moi, les enfants se mirent à chuchoter. Pendant que je les regardais, une nouvelle personne entra dans la taverne. Drapée elle aussi d’une longue cape noir, personne ne s’aperçu de sa présence. Elle était trempée, et on pouvait entrapercevoir une longue crinière rousse massive et ondulée. Elle rejoignit les cinq autres personnes attablées. Tandis qu’elle s’installait, une brèche s’ouvrit entre deux personnes pour la laisser s’immiscer entre elles, et j’eu de nouveau l’occasion voir cette petite luciole bleue. Juste derrière elle, je pu voir un visage, éclairée de sa douce lumière. C’était un vieil homme aux longs cheveux et à la longue barbe blanche. Ses yeux gris étaient emplis d’une sagesse sans âge.
-Ténéris ! m’appela un petit garçon. Quand vas-tu reprendre l’histoire ? Parce que je l’aime beaucoup !
Tirée de mes pensées, je continuais l’histoire où je m’étais arrêtée.


Une journée s’écoula encore avant que Fantine accepta de laisser Arya reprendre la route avec Seregon. La seule condition cependant n’enchantait gère la jeune femme.
Une fois en selle, l’Elfe, l’aida à se positionner correctement contre lui. S’il avait pu, il l’aurait laissé chevaucher son étalon, mais il n’avait pas le courage de s’opposer à la vieille femme. Celle-ci leur donna d’ailleurs des provisions, car il leur restait bien deux semaine de voyage encore. Quand ils partirent, de nouveaux cris fusèrent dans la maison des Foster. Un sourire éclaira le visage de l’Elfe.
Après plusieurs heures de silence, la jeune femme demanda :
-Pourquoi ne lui as-tu pas demandé à ce qu’on chevauche séparément ?
-Ca ce vois que tu ne connais pas Fantine comme moi je la connais, soupira l’Elfe.
Voyant qu’elle ne réagissait pas, il poursuivit :
-Mieux vaut ne pas la contrarier. Je le sais d’expérience.
Il remonta sa manche de son bras gauche et lui montra une fine cicatrice qui entaillait son avant bras. Il expliqua :
-Une poêle. Tu peux aussi demander à Gérard, il pourra t’en montrer plus. Et pas forcément faite avec une poêle !
La jeune femme soupira, puis s’endormit juste après. Ses rêves ne furent pas comme ceux de la dernière fois, c'est-à-dire avec la silhouette qui lui ressemblait dans le cachot, et la femme qui lui rappelait quelqu’un. Non. Il y avait un homme, les cheveux bruns et courts, les yeux verts émeraude, chevauchant un étalon noir comme une nuit de nouvelle lune…

Lorsque la jeune femme ouvrit les yeux, ce fut parce que justement, ce cheval à la robe couleur nuit s’était arrêté. Désormais, ils n’étaient plus sur les plaines interminables d’Aramias. Devant elle se dressait les premiers arbres millénaires de la célèbre Forêt aux Ombres Turquoises. Dans son dos, elle pouvait entendre Seregon mener une conversation mouvementée avec deux hommes aux longs cheveux. Tout deux étaient mince et musclés, grands et élancés. Leur apparence ne laissait aucun doute : ils étaient des Elfes.
Après quelques minutes encore à échanger, Seregon lâcha l’affaire, et parti à la recherche d’une auberge.
-Pourquoi ne veulent-ils pas nous laisser passer ? demanda Arya.
-Il va bientôt faire nuit, et la frontière, malgré le fait qu’elle est surveillée constamment, impose un « couvre feu ».
Si les mots étaient visibles, on aurait pu voir l’Elfe les cracher.
Bientôt, une taverne leur ouvrit ses portes. Et heureusement pour les voyageurs, il n’y avait pas de mansardes avec un lit double et peu d’espace de chaque côté. Non. Cette fois, ce ne fût qu’une simple chambre aux lits simples séparés, une petite table entre. Une fois l’heure du dîné arrivé, les deux voyageurs descendirent en même temps dans la salle principale pour aller souper. La jeune femme, bien que blessée, ne voulait pas que la scène de bagarre se répète avec Seregon. Non seulement parce qu’ils attireraient l’attention, mais en plus Arya était trop mal en point pour pouvoir intervenir en cas de besoin.
Malheureusement pour la fille de Maëlys, car il allait comme même se passer des choses ce soir là.
Installés à une table, un bol de nourriture devant eux, Arya et Seregon ne pipaient mot. La taverne, quelque peu bruyante, ne l’était pas autant que celle de Sangman. Les badauds autour d’eux se racontaient des blagues tout en buvant de l’hydromel. Leur odeur en revanche n’était pas aussi forte que les deux gaillards de l’auberge du village maudit.
Enfin, c’est ce que pensait Arya. Pendant qu’elle terminait son bol, un homme, battit comme une armoire à glace, c'est-à-dire grand et large d’épaule, les muscles saillants sous son pull, s’approcha d’elle. Seregon, en face d’elle, se raidit. La senteur qui émanait de cette montagne de muscle n’était pas pour faire plaisir. Si alcoolisée qu’on pouvait certainement la sentir dans tout le bâtiment.
L’armoire à glace prit une chaise, la tourna de telle sorte à ce que le dos soit face à la table, et s’assit dessus, les coudes sur le dossier. L’Elfe ne bougea plus tellement il était crispé quand l’homme se mit à parler à la jeune femme.
-Salut poupée, ronronna-t-il. T’es prête pour une p’tite partie d’dada ?
Arya l’ignora et continua à manger comme si de rien n’était. L’homme, qui n’avait pas l’air d’aimer cette attitude, se leva et lui agrippa l’avant bras droit. La jeune femme ne put retenir un cri de douleur. Et avant même que l’homme ai pu parler, celui-ci retira vivement sa main et souffla dessus, comme si elle avait touché quelque chose de chaud. La voyageuse, libérée de la poigne de fer de l’homme, tint son avant bras droit contre elle, les larmes aux yeux. Mais l’alcoolique l’en avait pas finit avec elle.
Cette fois, il l’attrapa par l’épaule et l’obligea à se lever. Dans la taverne, il n’y avait plus de bruit. La foule observait longuement la scène. La seule personne à agir fût Seregon. Car s’il n’était pas intervenu, l’armoire à glace aurait soulevé Arya de terre et l’aurait certainement secouée.
L’Elfe fit un seul geste une fois à côté de l’homme. Il mit son pouce et son index dans la nuque de l’alcoolique. Les gens tout autour le pensait fou, car ce n’était une chatouille qui allait faire lâcher la jeune femme à la montagne de muscle. Seregon prononça un seul mot.
-Aer.
L’homme se raidit, et Arya pu se libérer. Le compagnon de la jeune femme lâcha la nuque de l’homme et il se précipita vers la blessée. Celle-ci, convalescente, allait tomber qi l’Elfe n’était pas venu la rattraper. Ils montèrent dans la chambre, loin des murmures.
-Comment te sens-tu ? demanda l’Elfe à la jeune femme.
-Vidée de toute énergie, chuchota-t-elle, les yeux mis clos.
-Il va falloir que tu dormes bien cette nuit. Fantine n’est pas là pour t’aider et Tinùviel est hors de portée pour l’instant.
-Qui est Tinùviel ? demanda la blessée.
-Tu le sauras bien assez tôt.
Seregon allait partir dans son lit pour dormir, mais Arya l’appela.
-Peux-tu… peux-tu dormir avec moi ?
Le rouge aux joue, la jeune femme semblé gênée. Seregon ne comprenant pas, elle s’expliqua :
-J’ai froid…
L’Elfe se souvint de l’armoire à glace avait retiré vivement sa main lorsqu’il l’avait attrapé par le bras. Inconsciemment, elle avait invoqué un sortilège comprenant l’élément feu. Elle devait en payer le prix. Et ce n’était pas des couvertures qui allaient la réchauffer, puisqu’elle a utilisé sa propre chaleur corporelle. Non. Ce devait être un corps.
Résigné, Seregon poussa son lit jusqu’au sien et l’avait prise dans ses bras pour lui servir de source de chaleur.
Tandis qu’il commençait à s’endormir, Arya lui posa une question.
-Pourquoi m’as-tu aidée ?
-Parce que je…
Il se retint de justesse à finir sa phrase. Il reprit :
-Parce que tu as fait de même à Sangman.
Apaisée, la jeune femme s’endormie aussitôt.
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Lun 8 Aoû - 13:28

Chapitre 5

Au petit matin, lorsque l’Elfe se réveilla, il fut surprit de voir Arya blottie dans ses bras. Puis les évènements de la veille lui revinrent en mémoire. Effectivement, la jeune femme a démontré une affinité étonnante avec la magie. Donc Laureline n’était pas la bonne personne.
Laureline…
D’après la jeune femme, elle serait en danger.
Il réveilla donc l’endormie, et ils purent reprendre la route.

Je fis une pause. Il est étrange que les enfants ne disent plus rien tout à coup… Surtout après ce qui vient de se passer dans l’auberge.
-Pourquoi tu ne dis plus rien, Ténéris ? demanda la fillette sur mes genoux.
-Oh… euh… Parce que je réfléchissais à comment formuler la suite des évènements, répondis-je.
Je repris donc l’histoire.


La jeune femme vit en face d’elle un homme aux yeux dont les pupilles étaient de la couleur du sang écaillé. Lorsqu’il ouvrit la bouche, elle pu voir des canines on ne peut plus pointues. Il passa sa langue dessus, signe qu’il était affamé. Son corps, raide, paraissait faible. Mais Laureline savait que c’était une illusion. Car tous les vampires étaient rapides comme le vent et fort comme la pierre. Même leur cœur était fait de granit.
Soudain, une voix, forte, qui fait trembler les murs, retentit en haut du trône :
-Eh bien alors, mon cher ami Aaron. Que se passe-t-il pour que tu hésite de la sorte ? N’est pas ton plat préféré, les Erelfa ?
La Bête, sur sa chaise de métal perché, observait la scène. Le dénommé Aaron se lécha une dernière fois les babines en regardant la demi Elfe, et se tourna vers son interlocuteur.
-N’es-tu pas toi-même un Erelfa ? demanda-t-il, effronté.
Enovan se leva. Malgré ses vêtements sombres, on pouvait distinguer l’aura noire qui l’entourait. Ses pupilles, blanches au départ, devinrent noires. Lentement, il descendit les marches qui menaient à son perchoir et s’approcha lentement du vampire. Ce dernier, la peur dans l’âme, se recroquevilla sur lui-même. La Bête se pencha au-dessus de lui, de plus en plus imposant. Quand il parla, ce devait être tout Aramias qui tremblait.
-Je suis certes un Erelfa, mais ne vois-tu pas la différence entre elle et moi ? siffla-t-il. Je suis plus puissant, je possède la Magie Noire, et contrairement à toi, j’ai plus de cinq cent ans d’expérience. Tu n’es rien du haut de tes cinquante ans, toi. Et maintenant, tu va me faire le plaisir de torturer cette chose (il désigna Laureline du doigt) pour voir si c’est bien elle la bonne. Car tout le monde sais que les Erelfa naissent jumeaux. DEPECHE-TOI !
Le vampire n’osa pas contredire le monstre qu’était Enovan. Son cri fit vibrer les murs, et de la poussière tomba du plafond, ainsi que quelques petites pierres.
Tandis que le tyran remontait sur son trône, Aaron suivit ses ordres à la lettre. Il fonça droit sur la jeune femme captive, et la mordit dans le cou. Laureline s’effondra par terre, un cri silencieux dans la gorge.
Dans l’ombre du perchoir d’Enovan, une femme vêtue d’une robe faite en peau d’ours ricana, et sortit par la porte qui se trouvait derrière elle. Un message urgent devait à tout prix être envoyé, puisque Laureline n’avait pas l’air d’être la jeune femme de la prophétie.

-C’est quoi un vampire ? demanda enfin un enfant.
-Oui, renchéri un autre. Et c’est qui cette dame qui a une peau d’ours sur elle ?
-Patience, dis-je. Et un vampire est un ancien humain, Nain ou Elfe qui, après sa transformation, bois le sang de personnes comme vous et moi.
La foule de bambin se tue, terrorisée par ce que je venais de dire. Décidément, même si je suis assez proche de Navone, je ne comprends toujours pas ses décisions…


Une fois réveillée, Arya se rendit compte que leur voyage n’était plus vraiment le même. Effectivement, puisque les chevaux gambadait comme bon leur semblait. Et le petit merle volait et revenait de temps à autre sur l’encolure des canassons pour ménager ses petites ailes. Seregon, quant à lui, grimpait dans les arbres. Parfois, lorsqu’il redescendait, il avait des fruits dans les mains. Il en donnait alors aux deux étalons, et les graines, l’oiseau s’en chargeait. Il est vrai que dans les plaines on ne trouve pas d’arbres. Peut-être que s’ils avaient coupé par la Forêt Marchande, leur procession aurait été la même que celle-ci.
Tandis que l’Elfe flattait l’encolure de son cheval, Arya marcha jusqu’à lui.
-Pour combien de temps en avons-nous de marche ? demanda-t-elle.
-Je dirais deux jours.
Deux jours de marche. La jeune femme se sentait prête à les affronter, même si elle savait que quand ils arriveraient, il lui faudrait une bonne nuit de sommeil.
En attendant, ils devaient marcher. Et dans cette Forêt, ce n’était pas si simple que ça.
Car, déjà la veille, Arya avait remarqué que les ombres de cette forêt sont turquoises. Eh oui, ce n’est pas un conte de fée ! Et ses fantômes turquoise accompagnent aussi ses habitants. Occasionnellement, une racine sortait de terre, vous prenait par la cheville, et vous pendait dans les airs. Arya s’est déjà retrouvée la tête à l’envers plus d’une fois. C’est pourquoi le soir elle pesta après Seregon.
-Je ne comprends pas comment tu fais pour éviter les racines toi.
-Je ne les évite pas, s’étonna l’Elfe.
-Non, tu passe juste à côté d’elles quand elles essayent de te prendre, râla la jeune femme.
Puis elle croisa les bras et s’assit en tailleur, fit une moue pas très belle, et Seregon éclata de rire.
-On dirait plutôt une gamine que j’emmène à Turquoilitte, déclara-t-il quand il eu reprit son souffle.
Tandis qu’il essuyait une larme, Arya se retrouva encore une fois la tête à l’envers. L’Elfe explosa de nouveau, puisque la jeune femme, les cheveux ballotté par le mouvement de la racine, avait gardé sa position en tailleur, les bras croisés avec une expression de défi sur le visage. Même le petit merle s’emblait se moquer d’elle, puisqu’il vint se poser sur ses pieds pendus.
Arya essayait de garder son calme. Sauf que le rire de Seregon était trop contagieux. Tout en se tordant, la racine, trop secouée à son goût, déposa la jeune femme. Elle ne la percha plus durant la soirée, ni même pendant la nuit.
Le lendemain, à l’aube, Seregon réveilla la jeune femme. Mais avant qu’il n’ait pu l’atteindre, celle-ci c’était déjà levée. Elle avait sentie une présence en plus, indésirable, qui l’observait. C’était la même que l’Elfe avait vu à Vilmart, devant la ferme de la fille de Maëlys.
Arya prit son arc et ses flèches, à l’affut du moindre mouvement. Seregon, lui, sortit la commende qu’il avait faite au forgeron dans le village de la jeune femme. Le long bâton recouvert d’un tissu blanc se révéla être une long et fine épée, faite pour les mains d’une femme tel qu’Arya. Quoi qu’il en soit, les deux voyageurs, attentifs au moindre mouvement, relâchèrent leur concentration après un quart d’heure d’attention. Ce fût Seregon qui brisa le silence qui s’était installé entre eux.
-Toi aussi tu as l’impression que cette ombre nous poursuit depuis Vilmart ?
-Oui, répondit l’intéressée. Et c’est le genre de truc qui ne me plait pas du tout.
Après une pause sans que ni l’un ni l’autre ne bouge, Seregon annonça :
-Repartons.
Et c’est avec plaisir qu’Arya rangea ses affaires. Le lieu où ils avaient campés pour la nuit commençait à lui faire peur avec ces histoires d’ombres qui les suivent partout…

Finalement, dans la journée, une seule racine s’est décidée à perchée cette fois non Arya, mais Seregon. La jeune femme s’est bien payé la tête de son ami, c’est le moins qu’on puisse dire, car celui-ci avait reprit exactement la même position de la fille de Maëlys la veille. Et pour couronner le tout, le cheval noir de l’Elfe est venu lui manger les cheveux, allez savoir pourquoi.
Le petit merle, quant à lui, s’est posé de nouveau sur son perchoir favori : l’épaule d’Arya.
-Tu dois lui trouver un nom, lui dit Seregon une fois que la racine l’ai posée et que son cheval ai arrêté de lui mâchonner sa tignasse brune.
Comme l’oiseau était encore un oisillon, il n’avait pas encore prit sa couleur originelle. Car selon la région où vivent les oiseaux, ils prennent une couleur différente, même s’il s’agit de la même espèce. Or, le petit merle venait de la Forêt Marchande.
-Je ne sais pas comment l’appeler, répondit en toute honnêteté la jeune femme.
-Tu trouveras bien lorsqu’on arrivera à Turquoilitte.
Hochant la tête, ils reprirent la route.
Plus ils avançaient, plus Arya sentait une boule se former dans son ventre. Un mauvais pressentiment. Avait-il un rapport avec l’ombre qu’ils n’arrêtent pas de croiser ? Où s’agissait-il de ce qu’on allait lui dire une fois arrivé à la capitale. La jeune femme n’aurait sût le dire.
Elle fût distraite de ses pensées par un bruissement dans le feuillage. Elle s’arrêta un instant. Ce ne pouvait être un animal, puisqu’il y avait les chevaux à proximité, et le vent soufflait dans la direction du buisson, ce qui révèlerait la présence des voyageurs. Curieuse, Arya s’approcha discrètement. Et ce qu’elle vit la fit rire aux éclats.
Des petits garnements s’amusaient à faire peur aux voyageurs imprudents. Seregon s’approcha, et lança, étonné :
-Que fait-vous ici ?
-On monte la garde, lança une fille d’environ six ans.
-Vous n’êtes vraiment pas discrets dans ce cas, leur annonça la jeune femme. On dirait les enfants de Vilmart.
-Tu viens de Vilmart ? demanda un garçonnet.
-C’est exact, affirma Arya.
Les gamins hurlèrent alors de joie. Prise au dépourvu, la fille de Maëlys interrogea Seregon du regard. Il lui répondit qu’elle est attendue depuis près d’un mois, lorsqu’Aldaron à demandé à ce qu’on la recherche.
-La capitale ne doit plus être loin puisque des enfants sont là.
Seregon attesta par l’affirmative. Ils continuèrent leur route, accompagnés des bambins cette fois. Le petit merle jouait avec eux, et les chevaux les regardaient, l’air las du voyage.
Tandis qu’ils continuaient à marcher, Arya observa de plus près les ombres. Depuis la veille déjà, elle n’arrêtait pas de se retourner pour observer la sienne. Elle qui avait l’habitude de voire des ombre noire, les découvrir bleues lui paraissait étrange. En plus de voir les rayons du soleil filtrés par le feuillage des arbres millénaires, la Forêt Marchande pouvait bien remballer sa marchandise ! Car l’atmosphère qu’Arya trouvait féerique n’était rien comparée à celle de cette forêt. A tout instant, on s’attend à ce que quelque chose d’époustouflant se produise. Mise à part les racines qui vous soulève de terre, bien entendu !
C’est en observant une fois de plus son ombre qu’Arya se rendit compte qu’ils avançaient vers une ville bâtie dans des arbres. Quelques instants plus tard, Seregon et les enfants dirent d’une seule voix à la jeune femme :
-Bienvenu à Turquoilitte !
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Stelmaria le Lun 8 Aoû - 13:30

Chapitre 6

-Turquoilitte… murmura Arya, impressionnée.
Devant elle se dressait la célèbre capitale de la Forêt aux Ombres Turquoises, Turquoilitte. Depuis toute petite, elle rêvait d’y aller un jour. Un rêve devenu réalité.
Vivement, la jeune femme se retourna et couru jusque dans les bras de Seregon. L’Elfe, prit au dépourvu, ne bougea pas pendant un instant, mais serra finalement sa compagne de voyage.
-Merci, murmura-t-elle, merci. Grâce à toi, j’ai pu accomplir un rêve de petite fille.
-Euh… de rien, bredouilla Seregon.
Derrière eux, les enfants commencèrent à glousser et à chuchoter. Quand Arya leur adressa un regard furieux, ils se turent et coururent s’éparpiller dans la ville pour hurler quelque chose que la jeune femme ne comprenait pas en Elfe. Les habitants, en entendant les gamins, les réprimandaient.
Seregon avança, et, comme la fille de Maëlys n’osait avancer, il se retourna, tendit la main et l’invita à approcher. Elle accepta son offre, et elle pu ainsi détailler la ville bâtie dans les arbres.
Et pour être dans les arbres, elle l’est, cette ville étonnante !
Dans chaque végétal se tenait plus d’une maison. On le voyait grâce aux fenêtres creusées dans le bois. A chaque étage se trouvait ou plusieurs monte-charge, de telle sorte à ce qu’on puisse monter les objets encombrants plus facilement. Le sol, recouvert de mousse, était mou. Chacun des pas que faisait la jeune femme s’enfonçait dans le parterre de verdure. C’était différent du sol dur en terre de Vilmart. Lorsqu’elle leva la tête, la jeune femme eu un hoquet de surprise. Tous les arbres étaient connectés par des ponts branlants. Les bambins qui marchaient dessus sautaient, piaillaient et faisaient peur aux adultes présents sur la structure instable. En baissant un peu les yeux, elle vit une pancarte clouée sur l’arbre le pus proche. Écrite en Elfe, la jeune femme ne pu comprendre ce qu’il y avait d’inscrit. Mais elle se doutait qu’il devait s’agir d’une boutique, puisque des étalages de marchandise s’étalaient jusque sur les fenêtres. Plus ils avançaient, plus il y avait des merveilles à découvrir. Par exemple, en passant dans une petite ruelle, la jeune femme vit une forge immense. L’arbre dans lequel elle a été placée est mort, ce qui est mieux ainsi, mais la forme de celui-ci était très étrange. Le tronc creusé ressemble à un oignon avec le bas arrondit et le haut qui monte, ouvert pour laisser la fumée s’échapper. Dans une impasse, Seregon lui fit découvrir un passionné d’oiseau. Ils ne sont passés que devant la maison de l’homme en question, mais c’était suffisant pour comprendre. Déjà dehors, des piafs piaillaient. Et pas de simples oiseaux, oh que non ! Il y en avait pour tous les goûts ! Du plus petit moineau au grand phénix bleu, toutes les tailles y passaient ! Il y en avait un, presque aussi grand que le phénix, qui avait les couleurs de l’arc en ciel, et des yeux d’un violet saisissant. Sur son épaule, le petit merle jetait des regards noirs aux plus beaux d’entre eux.
Mais ce qui impressionna le plus Arya, ce fût le grand saule-pleureur situé au centre de la ville.
Plusieurs racines qui sortaient du sol torsadaient le tronc de l’arbre. Sa taille, phénoménale, en disait long sur son âge. Et comme il s’agissait d’un saule-pleureur, ses branches étaient comme des larmes. Des larmes qui recouvraient tous les arbres aux alentours. Et ce qui rendait encore plus magique la vision de cet arbre aux allures majestueuses, c’est le coucher de soleil, juste derrière. Le feuillage resplendissait, d’un vert éclatant, comme des joyaux.
-Regarde mieux, conseilla l’Elfe à la jeune femme.
Arya suivit son conseil. Et elle a eu raison. Car, une fois la vision ajustée, les feuilles ne vous apparaissent plus seulement vertes. Certaines son rouges, d’autres orange, voire jaune. Quelques rares sont même bleue-verte ! Et avec les effets du coucher de soleil derrière, il n’y a plus de mots pour décrire la splendeur de cette œuvre d’art de la nature !
-C’est… c’est… bredouilla la jeune femme.
-Il n’y a pas de mots pour exprimer ce que tu ressens, c’est ça ? demanda l’Elfe en souriant.
Pour toute réponse, Arya hocha la tête. Son père, qui était déjà venu dans cette capitale presque vingt ans auparavant, lui avait à peu près décrit la splendeur de cet arbre. Sauf qu’il n’aurait jamais pu le lui décrire exactement. C’est ce qu’en pensait sa fille en tout cas.
Toujours aussi subjuguée par la beauté du végétal certainement plus vieux que l’immortalité elle-même, la jeune femme se laissa emporter par Seregon à l’intérieur. C’est là qu’elle se rendit compte que ce l’était pas un, mais six saule-pleureurs qui formaient l’arbre géant.
Un espace d’environ cinq mètre séparait deux saules, ouverture permettant d’entrer dans l’arbre. Comme le tronc était torsadé, l’intérieure du végétal ressemblait à une tour naturelle. Le toit, fait de feuillage, laissait filtrer les rayons de la lune, donnant l’impression qu’ils vivaient dans un monde autre qu’Aramias. Arya, observant l’intérieure du grand saule, se laissa impressionner par sa splendeur interne. Les branches n’étaient qu’à l’extérieur du colosse, et les murs étaient lisses.
Cherche dans la voute céleste ce que le ciel ne peux voir. C’est ce que lut la jeune femme au dessus de l’entrer par laquelle elle venait de passer quand elle se tourna pour tout embrasser du regard.
-Très énigmatique… murmura la jeune femme.
Dans ce colosse de la nature se trouvait une grande table. Treize chaises à l’air confortable se dressaient derrière. Or seulement deux personnes les occupaient. La première personne que l’on voyait semblait être âgée d’au moins mille ans. Ses yeux, gris, reflétaient une sagesse infinie, ainsi qu’une immense tendresse. Habillé d’une longue toge à la couleur de ses yeux, le vieil Elfe se leva et invita les nouveaux arrivants à s’assoir sur les chaises en face de lui et de l’homme à ses côtés.
-Bienvenue, jeune femme, chez les Elfes, lui dit l’Elfe le plus jeune des deux.
Il se leva à son tour, fit le tour de la table, et une fois devant Arya, il lui prit sa main et la baisa tout en faisant la révérence. La fille de Maëlys sentit ses joues rougir. Car non seulement il était galant, mais en plus il avait un certain charme. Ses cheveux, de la couleur de la nuit, descendaient jusqu’au milieu de son dos. Son visage, parfait, était du teint de l’aube, légèrement bronzé. Et ses yeux… ses yeux, aussi bleus que le ciel d’été, aussi charmants que le charme lui-même, aussi doux que du coton, aussi saisissants que les rayons de soleil. Son corps, musclé et élancé, était plus idéal que l’idéologie elle-même.
Un raclement de gorge ramena Arya à la réalité. S’excusant en bredouillant, confuse, la jeune femme s’assit sur la chaise que le vieil Elfe lui avait indiqué. Elle se retrouva donc en face ce bel homme. Finalement, elle s’obligea à reporter son attention sur l’autre Elfe.
-Bienvenue Arya, dit-il. Je me nomme Aldaron Veritatum. Je suis enchanté de faire enfin ta connaissance.
Il inclina légèrement la tête en signe de salut. Arya l’imita un peu maladroitement, étonnée qu’il la connaisse.
-Je suis ravie moi aussi de vous rencontrer, lui répondit la jeune femme.
-Je te présent, reprit Aldaron, mon second, Arawë Coniuratio. Il sera là pour t’aider dans tes débuts au combat et à la magie, accompagné de Seregon.
La jeune femme sourit à son compagnon de voyage, ravie qu’il aille l’aider. Quant à Arawë… elle ne le connaissait pas encore assez bien pour savoir s’il allait être un bon professeur. Elle le saurait certainement dans pas longtemps.
Alors qu’Aldaron lui expliquait à peu près ce en quoi consistait sa formation, Seregon interrompit le vieil Elfe.
-Il faudrait tout lui dire. Vous savez à propos de quoi.
Un blanc gênant s’installa dans le grand saule. On entendait seulement la petite brise nocturne faire vibrer le feuillage de l’arbre géant.
-Me dire quoi ? demanda finalement Arya, brisant le silence, intriguée.
Toujours en regardant Seregon, Aldaron soupira et baissa les yeux. Ses mains noueuses se tortillaient, révélant un tumulte intérieur. Finalement, il soupira de nouveau, observa un instant ses pieds, puis posa son regard gris sur Arya.
-Je… Seregon à raison. Il faut qu’on lui dise la vérité.
-Mais quelle vérité ? s’enquis la jeune femme, n’y comprenant plus rien. Que devez-vous m’expliquer ?
-Arya… commença le vieil Elfe. Tu… tu n’es pas celle que tu pense être. Tu n’es pas une simple humaine. Oh que non, loin de là même ! Es que ton père t’a déjà parlé de son séjour ici, à Turquoilitte ?
-Euh… bien sûr, bredouilla la jeune femme. Il m’a dit qu’il est venu ici accomplir son rêve d’enfance, de visiter cette grande ville. Il me l’a même décrite.
-T’a-t-il dit autre chose concernant une certaine Ténéris ?

-Ce serait toi la Ténéris de l’histoire, me demanda un garçon.
-Mais bien sûr que non voyons, rigolais-je. C’est juste une coïncidence. Ne t’en fais pas.
Souriant aux enfants devant moi, je continuais où je m’étais arrêtée.


-Non…
-Ténéris était une grande combattante dans notre clan. Téméraire, ses ennemis tremblaient devant elle. Mais notre guerrière, il y a vingt ans de cela, est tombée amoureuse d’un Homme Solitaire. Cet homme se nomme Maëlys.
Arya eu un hoquet de surprise. Aldaron continua.
-Lorsqu’il est arrivé, nous étions tous surpris. Que faisais un Homme Solitaire sur le territoire des Elfes ? Nous n’en savions rien. Puis il est venu me voir et m’a demandé s’il pouvait rester ne serait-ce qu’une année. Il me paraissait fort et en bonne santé, et de plus ses intentions n’était pas mauvaises. Je ne voyais pas pourquoi je devais refuser. Il s’est donc installé dans la capitale, pour un an, et il a travaillé dur.
« Son travail était remarquable. Nous qui somme généralement végétariens, nous nous demandions comment un homme pourrait survivre sans viande. Nous élevons les animaux pour leur lait ou leur laine. Or il a réussit à s’intégrer parfaitement à notre régime. Non seulement il à réussit ça, mais bien d’autres exploits encore, surpassant presque les Elfes. Ténéris, notre vaillante combattante, s’est rapproché de plus en plus de cet homme. Il l’intriguait, et un sentiment étrange s’emparait d’elle chaque fois qu’elle pensait à lui. C’est ce qu’elle me disait en tout cas.
« Mais nous remarquâmes tous qu’elle s’attachait de jours en jours à Maëlys. Bientôt, ils étaient devenus inséparables. Quand on en croisait un, l’autre n’était jamais loin. Dans leurs travaux quotidiens, ils s’aidaient mutuellement. Mais tout bascula lorsqu’on apprit que Ténéris était enceinte. Sais-tu ce qu’est un Erelfa, Arya ?
-C’est une personne mi Elfe, mi Homme.
-Bien… très bien… Et sais-tu quelle est la particularité de ces êtres ?
-Non, répondit la jeune femme en toute franchise.
-Ils naissent jumeaux. Nous avons l’habitude que les jumeaux soient deux garçons ou une fille et un garçon. Or, ce qui nous choqua tous lorsque vous naissiez Laureline et toi, c’est que vous étiez deux filles.
-Attendez un instant, le coupa la jeune femme. Commença Laureline et moi ? Je ne sais même pas de qui il s’agit ! Et puis ma mère est morte à ma naissance, et elle n’était certainement pas une Elfe, si c’est ce que vous insinuez. Mon père me l’a dit lui-même.
-Peut-être t’a-t-il dit ça. Mais es-tu certaine de ce qu’il avançait ? Ne me dis rien pour l’instant, rétorqua Aldaron quand il vit qu’Arya ouvrait la bouche pour protester. Interroge ton cœur. Lui seul connait la vérité.
D’un geste bienveillant, le vieil Elfe tendit sa main par-dessus la table et la présenta à la jeune femme. Hésitant une fraction de seconde, Arya accepta finalement la main d’Aldaron. Elle sentit instantanément une onde de chaleur partir du bout de ses doigts pour lui traverser le corps et finalement se loger dans sa poitrine, à l’endroit où se trouve son cœur. Puis tout autour d’elle devint noir. Elle n’entendait ni ne voyait rien. Elle ne sentait que la main d’Aldaron et l’onde de chaleur dans son cœur.
Les secondes s’égrenaient, longues et interminable. Le noir qui l’enveloppait l’oppressait. Et plus le temps passait, plus son cœur se réchauffait. Jusqu’au moment, ou elle entendit un bruit. Il était tout minime, mais après le silence assourdissant, il résonnait comme les cloches de festivités. La jeune femme, tendant l’oreille, essaya de percevoir de nouveau ce son. Elle le réentendit. Et encore une autre fois. Puis il devint aussi omniprésent que l’obscurité totale qui drapait la jeune femme. Elle se rendit compte qu’il s’agissait d’une voix. De sa voix ! Et elle lui disait :
Tout ce que te dis Aldaron est vrai. Seregon le savait aussi et il te l’a caché, alors qu’il aurait pu te prévenir.
Après avoir écouté son cœur, la jeune femme vit les ténèbres s’effacer peu à peu, et elle vit les yeux gris du vieil Elfe.
Elle ne se rendit compte qu’elle pleurait seulement quand Arawë lui tendit un mouchoir pour essuyer ses larmes.
-Alors… c’est donc vrai…
Un simple murmure dans un vaste espace.
Arya regarda alors Seregon. Ce Seregon en qui elle avait confiance, puisqu’il l’avait aidé, qui l’avait amené jusqu’à la vérité. Sauf que depuis le départ, la vérité se trouvait sous son nez. L’Elfe le savait, et il ne lui avait rien dit. Elle le fusilla du regard et se leva d’un bond. Séchant ses dernières larmes, elle se tourna vers celui qui l’a conduite jusqu’ici, et s’avança d’un pas menaçant vers lui.
-Pourquoi m’as-tu caché ça ?
Son ton, dur, fit frémir l’Elfe. Il ne s’attendait visiblement pas à ce retournement de situation.
-POURQUOI ? hurla-t-elle.
-Je… je ne pouvais pas, chuchota-t-il.
-ET POURQUOI NE POUVAIS-TU PAS ?
-C’est moi qui lui en ai donné l’ordre, répondit Aldaron dans son dos.
-NE VOUS MÊLEZ PAS A CA ! cria-t-elle encore. C’EST ENTRE SEREGON ET MOI, ET PERSONNE D’AUTRE !
Arya se retourna vivement vers Seregon, toujours assit sur sa chaise, ses cheveux couleur corbeau volant dans son dos. Comme il ne répondait pas, elle dit, d’une voix rauque par sa crise :
-Ne m’approche plus. Je ne veux plus jamais te voir. Moi qui te faisais confiance, tu as tout gâché.
-Mais Arya… tenta de s’expliquer l’Elf.
-TAIS-TOI ! Je ne veux plus rien à voir avec toi.
Tournant les talons, la jeune femme, bouleversée, sortie en trombe du grand saule-pleureur. Arawë la suivit dans son sillage, jetant au passage un regard de reproche à Seregon.
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Griffe-de-silex le Ven 19 Aoû - 14:56

Salut Stelmaria ! Je vais continuer à lire Arya Spiritus ici je pense...
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Griffe-de-silex le Ven 19 Aoû - 15:12

C'est vraiment toujours aussi bien écrit ! Bravo ! J'attends la suite ! Wink
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par christian Barth le Ven 26 Aoû - 21:29

Je ne suis pas venu depuis quelque temps pour cause de vacances mais je reviens pour la rentrée. Promis. Amitiés
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Griffe-de-silex le Dim 9 Oct - 10:13

T'es-t-il possible de nous poster la suite, ces jours-ci ?
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Griffe-de-silex le Dim 9 Oct - 10:14

A oui mince...j'avais oublié ce que tu avais posté sur la crois'
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

Message par Griffe-de-silex le Dim 9 Oct - 10:25

Stelmaria a écrit:D'autant plus que ce n'est pas la première fiction que j'écris (6 en tout si vous voulez savoir, ce qui prouve à quel point j'en ai marre d'avoir une imagination débordante --')

Pourras-tu, quand cela te sera possible (bien évidemment) nous dresser la liste des fictions que tu as déjà écris ? Moi, j'en suis à...2 seulement XD
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Re: Arya Spiritus (tome 1) la Bête

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